Make your own free website on Tripod.com
Paris

retour page d'accueil

bienvenue4.gif

Un album photos pas comme les autres...des cartes postales anciennes qui vous parleront poésie...

Paris que Philippe Dufour a su capter et nous en parler en vers...

carteb1.jpg
Le Jardin des Tuileries

Le quinconce royal garde un reflet splendide
Quand, fuyant vers la nuit, les Chevaux du soleil,
Laissent encore pendre au bord du ciel vermeil,
Comme un rayon, le bout lumineux de leur bride.
 
L'eau frêle des bassins déserts qu'un souffle ride,
Les bruits d'ailes sur qui vient planer le sommeil,
Maints frissons d'or épars sur le sein ou l'orteil
Des marbres érigeant leur nudité candide :
 
Tout respire déjà l'enchantement du soir !
Seul, le passé rêveur dont les voix se sont tues,
Là, dans l'ombre et l'oubli, va revenir s'asseoir.
 
Or, les vieux marronniers, verts parmi les statues
Se dressent, rajeunis de thyrses blancs et roses,
Et, gonflé de printemps, frais Jardin, tu reposes.

cartec1.jpg
L'Hôtel de Ville

........................aux vieux Prévôts,
Le palais, dont François premier conçut le rêve,
Tous deux sont disparus de la place de Grève,
Après avoir couvé l'âme des temps nouveaux.
 
O Ville, avec un juste orgueil, tu te prévaux
Du jeune monument que ton génie élève
Et qui ne doit plus voir de bûcher ni de glaive
Luire, à son seuil, sur tes splendeurs et tes travaux.
 
Fils d'un passé de gloire où gronda la tourmente,
Sa pierre encore neuve, et superbe, et charmante,
En regardant Paris semble se souvenir ;
 
Et, blasonné du beau navire syumbolique
Qui vogue, voile ouverte aux vents de l'avenir,
L'Hôtel-de-Ville porte en soi la République.

cartee1.jpg
La Tour Eiffel

Sonore sur ses arcs aux quatre vents ouverts,
En des vibrations brèves et continues,
D'un élan qui s'allonge et transperce les nues
La tour vertigineuse étonne l'univers.
 
Plus fort que les Vulcains et que les Lucifers,
Ici l'homme a créé des formes inconnues,
Membres puissants liés par des fibres ténues,
Où le chiffre, invisible, équilibre les fers.
 
Et tous ces croisillons, ces pilliers, ces poutrelles,
Ajourés, convergents et robustement frêles,
S'unifient comme un seul hiéroglyphe aux yeux.
 
Et, dominant la nuit qu'elle éblouit et zèbre
D'un vol de flamme éparpillée, au fond des cieux
La tour Eiffel inscrit le rhythme de l'algèbre.

carteg1.jpg
La Tour de Jean-sans-Peur

Et les comtes d'Artois et les ducs de Bourgogne,
Et Charles-Quint, jadis, sur ce mur dévasté
Gravèrent leurs blasons ; mais, seuls, ont résisté
Le fil à plomb qui dresse et le rabot qui rogne.
 
Et maintenant, parmi la rumeur, la clarté
De Paris poursuivant son rêve et sa besogne :
Sous ses mâchicoulis, vieille qui se renfrogne
Et rumine d'anciens remords en aparté ;
 
Portant, comme un stigmate infligé par l'histoire
A la force, à l'orgueil qui brillèrent céans,
Le nom du meurtrier de Louis d'Orléans ;
 
Vide et sombre en son coin, proscrite de la gloire,
Même quand le soleil rit à ses trous béants
La tour de Jean-sans-Peur reste sinistre et noire.

carteh1.jpg
La Seine

Du soleil, Des flocons de brume et d'or. Des choeurs
De pierrots pépiant sur les quais, verts d'ombrages.
Quelques pêcheurs roidis que toi seul encourages
Charme de l'onde vive, aux yeux pourtant moqueurs !
 
Un bateau-mouche, svelte entre des remorqueurs.
Des ponts, dont le recul s'enchevêtre en mirages :
Et glorieusement belle dans ces parages,
La Seine vers la mer roule ses flots vainqueurs.
 
Mais la Nymphe qui brille, et se joue, et soupire
Sous le voile onduleux des rayons et des eaux,
Souple, de courbe en courbe allonge son empire ;
 
Tandis qu'ardent, Paris l'étreint dans ses réseaux
D'arbres, de pierres, lit somptueux qu'il lui creuse,
Comme un géant jaloux dont elle est amoureuse.

L'Arc de Triomphe
cartek1.jpg


cartea1.jpg
Place de la Nation, Le Triomphe de la République

Toi qui fus l'idéal de la France et du monde
Quand tu n'apparaissais qu'en des rêves proscrits,
Maintenant, la victoire au front, tu nous souris;
Et tout l'espoir humain sur ton règne se fonde.
 
Libératrice jeune et lumineuse, émonde,
Comme un arbre encor noir de vieux rameaux pourris,
L'avenir qui fleuronne à peine : et, sur Paris,
Fais que sa floraison croisse pure et profonde.
 
Calme et puissant, ton bras domine sans retour
Siècles, peuples et rois, d'un geste symbolique
Où luit la force irrésistible, ô République !
 
Et pour qu'à tout jamais, chaud de gloire et d'amour,
Ton nom, dans l'univers, rayonne et retentisse,
Sois la Vertu, sois la Beauté, sois la Justice !

carted2.jpg
La Statue de Jeanne d'Arc, par Frémiet

Quatorze cent vingt-neuf, Assaut de la tournelle
Gardant la porte et le rempart Saint-Honoré :
Et plus d'un tombe et gît, par les flèches navré ;
Et dans le fossé double une eau rouge ruisselle.
 
Là, combat pied à pied Jehanne la Pucelle,
Sons son clair étendard vers la ville arboré.
Un trait vole : son sang virginal et sacré
Coule. Un pressentiment funèbre passe en elle...
 
Maintenant, ce cheval qu'on sent prêt à hennir
Vers la gloire, ces fleurs, cette image, ce geste
Qui dresse une épopée autour d'un souvenir :
 
Tout ce bronze héroîque et triomphal atteste,
Ici même où sa chair, son coeur furent meurtris,
Qu'Elle a conquis enfin, et pour  jamais, Paris.

cartef1.jpg
Le Panthéon

Héloïse, Abailard et sainte Geneviève
Sur l'illustre montagne ont vécu, sont passés.
Prière auguste, amour, génie : et c'est assez
Pour que l'histoire, ici, soit belle comme un rêve.
 
Lentement, l'avenir leur succède. Il élève
Ce portique, ces rangs de colonnes tressés
Autour de vous, coupole et murs, qui vous dressez
En chantant la quenouille et la lyre et le glaive.
Eglise de bergère et glorieux tombeau,
Ces pierres ont vibré du nom de Mirabeau.
Hugo, dans l'ombre, y cause avec l'écho sonore.
 
David d'Angers éternisa sur le fronton
Les héros, les savants que la patrie honore,
Et l'âme de la France emplit le Panthéon.

cartej1.jpg
Place Breteuil, Monument élevé à la Mémoire de Pasteur

Homme simple, Savant plus grand qu'un empereur
Qu'on exalte en de vains apparats de victoire,
Austèrement pensif dans ton laboratoire,
Tu confrontas la Rage et vainquis son horreur.
 
Ce triomphe n'était qu'un noble avant-coureur.
Ton génie, à la fois sûr et divinatoire,
A forcé les secrets du Mal. Et, dans l'histoire,
Tous te béniront, mère, enfant et laboureur.
 
Hercule n'écrasa qu'une hydre. L'incurable
Epouvante, invisible et multiple, et qui mord
Et qui faisait de sa victime un misérable :
 
Toi, Pasteur, comme un dieu nouveau, dieu vrai, dieu fort,
Tu l'arrachas du monde en mêlant, secourable,
Le baume de la vie au virus de la mort.

  

 

Vos commentaires sont toujours les bienvenus