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ENCOR
Un jour sans toi Seul au beffroi Combien
de fois Adieu ma foi Il fait si froid Nu sous les toits
Encore un jour Si long parcours Chagrin d'amour Vidé
d'humour Sans un recours A contre-jour
Une autre nuit Ce temps qui fuit Plus d'eau au puit Parer ne
puis L'espoir s'enfuit Un mur d'ennui
Demain n'est pas Jamais sera D'un tel éclat Le coeur est las Du
temps aura Jusqu'au trépas
DUALITÉ
Vous pouvez vous cacher à mes yeux Mais ne le pourriez point
à mon coeur, Vous pouvez remuer terre et cieux Et n'en plus connaître de bonheur.
Vous pouvez la tenir dans vos
bras, La faire danser, la cajoler, Vous pourriez...mais ne le ferez pas Car votre coeur ne sait plus rêver.
Vous
pouvez tenter de vous duper En laissant la vie vous étourdir, Vous pouvez traverser la vallée Sans avoir envie d'y
revenir.
Vous pouvez changer votre pensée Et essayer de taire vos peurs, Vous pouvez choisir la liberté, Mais
en connaissez-vous la valeur?
Vous pouvez cacher votre douleur, Et pourriez sans doute y parvenir, Mais ne le
pouvez point à mon coeur, Ce coeur qui ne pourra vous chérir...
GELURES
Il neige sur ma vie, sous
ce toit affaissé Où l'esprit d'amour, souvent, les bras a baissé, Emmurant de liberté mon coeur déserté Qui ne se
permet plus ni repos ni fierté.
Il neige sur ma vie, en gros flocons serrés, Recouvrant les pensées, où mon coeur
a erré, D'un ample linceuil d'oubli et d'obscurité Les dépouillant de leur aura de vérité.
Il neige sur ma vie;
mon âme désarmée S'attarde encore à calmer mon coeur alarmé Et si le silence sur moi s'est acharné, Je n'entends
plus que la neige et son pas gêné.
IMPASSIBILITÉ
Le soleil, sur la mer, tout en paillettes d'or, Se
laisse bercer, seul régent d'un ciel tout bleu. Pas un navire à l'horizon, sauf sur ces fonds, Ces fonds de mer où gisent,
dans le noir limon, Les maigres restes de vaisseaux au ventre creux Que les mémoires ont abandonnés à leur sort. Qu'importe
le soleil pour les âmes des morts; Il ne sera plus jamais leur dieu, ou si peu, Préférant la lumière à ce visage tout
rond, Désertant leur corps pour une terre sans nom. En ces lieux de ténèbres, le passé se meurt Au milieu d'un présent
sans futur ni remords.
AU MILIEU DE NUL PART
Mon coeur n'a plus d'issue nulle part (Pour lui, l'amour
est venu trop tard); Le jour se lève, sans son soleil, Semblable à hier, en tout point pareil.
Il avait rêvé
de verts printemps, Cultivé sa terre avant son temps, Mais la graine oublia de germer Faute de n'avoir pas su s'aimer.
Il
avait rêvé de doux rivages Que le temps changea en doux mirages; Il s'était peint de si beaux ciels bleus Malgré
les cris de son ventre creux.
Il s'était empreint de grands espoirs, En avait enduit tous ses couloirs, De sa
vie il n'est plus à la barre Car à jamais privé de son phare.
UN AMI
Un ami sans patrie sans
raison hors saison
Un ami sans demi feu de joie coeur de soie
Un ami qui te vit te console se
désole
Un ami près de qui la vie peut de ses feux te sombrer te combler mais jamais de ce fait l'ébranler l'égaler
SILENCE
On
voit souvent s'étioler et mourir la flamme, Crépiter puis s'éteindre la dernière braise D'un amour que le coeur n'a
pas su conserver.
On entend parfois pleurer et gémir son âme Que rien ne parvient à consoler ni n'apaise Puisque
l'amour, elle n'a plus su préserver.
Le jour où le coeur se ferme et qu'il n'entend plus, Que dans ses yeux s'est
égarée la compassion, La nuit, sans un mot, se prépare à hiberner.
Laissant tomber le linceul sur l'amour déçu Et
s'envoler les derniers relents de passion, Le silence parvient enfin à se fermer.
CLAIRS MATINS
Nous
nous souviendrons de ces clairs matins Où le soleil se frayait un chemin Jusqu'à nos âmes étourdies par l'amour, Où
l'oiseau chantait le lever du jour La gorge pleine de sons cristallins Qui fascinaient tant nos coeurs de gamin.
Nous
nous souviendrons de ces clairs matins Où le temps avait arrêté son train Et permis au silence de parler, Où nos
mémoires se sont défilées Et les mots, muselé leur faim sans fin De créer des maux ou de grands chagrins.
Nous
nous souviendrons de ces clairs matins Où la rose reprenait son refrain Et l'amour, le vert sentier de ton coeur, Où
se tarissait le flot de nos peurs Tandis que tes doigts enlaçaient ma main Et que tes lèvres suivaient leur instinct.
SECOND
SOUFFLE
Il ne suffit plus d'aimer; Il est aisé de douter, De croire, d'imaginer, De se laisser dérouter.
Le
coeur refuse d'y croire, A sa source ne va plus, Lui préférant ses mémoires, Son dieu, sa faim rabattue.
Le
coeur, cet enfant buté, Que rien n'arrive à combler Tant sa faim est décuplée Par son impatience innée.
Il
ne suffit plus de croire Quand la faim fait son chemin; Il ne suffit plus de boire Pour apaiser son chagrin.
Il
faut l'âme ranimer Pour honorer son serment Et son souffle rattraper Pour rendre au coeur son élan.
A
MON AMOUR
Que me demandes-tu en retour d'un sourire; Une étreinte ou un mot d'amour, un doux baiser Qui, notre
complicité, viendrait rappeler? Que demandes-tu pour retrouver ton sourire?
Que pourrais-je t'offrir que tu n'aies
déjà pas, Toi que mon coeur chérit et veut accompagner Dans ta quête partagée de réaliser Ce qui, depuis toujours,
a motivé ton pas?
Dis-moi les mots qui pourraient te réconforter, Toi, mon frère, mon grand ami, mon amour. Que
demandes-tu pour alléger ton parcours, Pour que ton coeur exhale son parfum d'été?
SI
Et si toi mon
frère tu renies ta terre, comment moi ta soeur, sans discours ni heurts, saurais-je t'aider à te faire aimer?
Si
toi mon ami tu vis à demi, revêtant ton coeur d'un manteau de peur, si toi mon amour tu vis de détours fuyant
au lever un tendre baiser, c'est que ton coeur mu, que rien ne va plus.
Si moi mon ami à demain sourit, pourquoi
toi mon frère à l'âme si fière n'oserais-tu pas m'emboîter le pas?
HUMEUR AUTOMNALE
Sur la
longue route bordée de beaux grands arbres débordés, l'automne, tel un peintre fou, dispense ses couleurs partout. D'une
humeur gaie, elle est prodigue et a ouvert toutes les digues de son talent innovateur.
Dotée d'un esprit créateur, elle
utilise tout son temps et ferait même du surtemps pour ajouter, de sa palette, plus de soleil à sa toilette qu'elle
exhibera fièrement et soignera allègrement.
Mais la longue route bordée de beaux grands arbres débordés voit
son vêtement envahi d'une mer de feuilles ébahies qu'un fort vent poursuit et balaie réduisant ainsi son palais à
un sinistre cimetière.
LA PAGE
Faut-il tourner la page Quand l'amour est en marge, Qu'il n'y a
plus de mots Pour exprimer les maux De cette blanche page Privée de ton image?
Faut-il tourner la page Quand
l'amour est en cage Que le coeur s'est poussé Devant sa vérité, Devant l'attente sage Menant à l'héritage?
Faut-il
fermer les yeux Et en faire un voeu pieux, S'accrocher à l'espoir Que rien n'est jamais noir, Que tout est pour
le mieux Tant que se tait l'adieu?
Faut-il fermer les yeux, Ou les lever aux cieux, Quand l'amour fait ravage Et
fait mentir l'adage, Quand les yeux fuient les yeux Dans un rire audacieux...
SOUVENIR
Au fond
d'un tiroir il y a parfois Un bout de papier camouflé, oublié, Morceau d'un doux temps endormi, passé, Un bout de
chemin à jamais rêvé.
Au fond d'un tiroir il y a souvent Un bout de tissu parfumé d'été, Un nid de caresses éclatées,
aimées, Un rien qui respire et survit, cloîtré.
Au fond d'un tiroir il y a toujours, Souvent et parfois, du papier
corné, Morceau tant de fois chiffonné, déplié, Relu, sans jamais déchirer, jeter....
UNE LARME
Une
larme roule sur ma joue, Douce et silencieuse sur ma peau, Une larme échappée de mon coeur Qui souffre d'être éloignée
du tien.
Une larme roule dans mon cou, Portée malgré elle par le flot, Une larme privée du bonheur D'être
cueillie par ton doigt gamin.
ACALMIE
Le vent s'est déchaîné, le soleil s'est terré, Ne cherchant
nullement sa colère s'attirer Et, s'entourant de son blanc manteau de coton, Regarde le défilé des feuilles en flocons.
Le
vent s'est levé et, mon coeur, a emporté Tel la feuille morte que l'arbre a rejetée Et qui se laisse balayer sans retenu, Ses
rêves pulvérisés, sa douleur à nu.
Dans mon coeur, le soleil a fermé ses volets Laissant au vent le temps de clore
son ballet Et le plaisir de lui tirer sa révérence Jusqu'à l'annonce de sa prochaine prestance.
J'AI
AIMÉ
J'ai aimé mais mon coeur s'est lassé, lassé des temps d'espoirs, lassé du noir sur noir.
J'ai
aimé mais mon coeur est troublé, troublé par le silence, troublé des temps d'absence.
J'ai aimé mais mon
coeur s'est blessé, blessé par les grands vents son temps de vie grevant.
J'ai aimé mon coeur s'est détourné et
aspire au repos du corps et de ses maux.
J'ai aimé mais l'amour est passé, passé du coeur au temps, passé...jusqu'à
présent.
LOVE IS
Aimer, de l'amour, le premier frisson, De l'amitié, la tranquille douceur, Aimer
l'amour pour toutes ses raisons, Et l'amitié, la chaleur de ses heures.
Aimer, de l'amour, ce tendre abandon, De
l'amitié, tous ses jeux de gamin, Aimer l'amour pour ce franc compagnon Et l'amitié, pour ses libres chemins.
Aimer,
de l'amour, toutes ses facettes, De l'amitié, tous ses petits bonheurs. Aimer l'amour et ses feux d'allumette, Vivre
l'amour et ses brèves ardeurs; Aimer l'amitié et ses devinettes, Vivre l'amitié...son apesanteur.
LAISSE
Laisse-nous
un peu de temps, Le temps de s'apprivoiser, Le temps de se rapprocher, Un peu de temps simplement.
Laisse-nous
le temps d'aimer, D'aimer nos jours et nos nuits, De nous regarder sans bruit, Un peu de temps pour rêver,
Laisse-moi
tenir ta main, Le temps de t'accompagner, Le temps de te respirer, Juste un peu de temps...demain.
DOUCE
MUSE
Douce muse, lumière au firmament, Qui, ma pensée, vient cueillir un moment Lui proposant des mots pour l'épancher, Des
idées sur lesquelles se pencher, Qui, les yeux de mon coeur, vient soulager Lorsque les chagrins y viennent nager, Qui
vient guider ma plume paresseuse Et rendue sèche par trop d'heures creuses.
Douce muse qui m'a longtemps nourri, Qui,
ma solitude, a tant fleurie, Me facilitant le vers et la rime Pour, de la vie, en extirper la frime. Douce muse qui
m'a toujours souri, Avec qui j'ai pu grandir et mûri, Qui souvent, de mes rêves, est complice, De mes bonheurs, lui
donne les prémices.


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