Make your own free website on Tripod.com
AUX MILLE MOTS
Jean de la Fontaine
accueil | Les plus beaux poèmes | Poésie contemporaine | Poètes belges | Tes poèmes | Jean de la Fontaine | Au seuil du souvenir | Poésie de femmes | Poésie pour les plus jeunes | Mes écrits | Mes écrits 2 | Mes écrits 3 | Mes écrits 4 | Vos poèmes | Mes poèmes 8 | Mes poèmes 7 | Mes poèmes 6 | Mes poèmes 5 | Mes poèmes 4 | Mes poèmes 3 | Mes poèmes 2 | Mes poèmes 1 | Mes poèmes | Nos poèmes | Poètes d'aujourd'hui

souris7anim.gif

Page dédiée à Jean de la Fontaine

Jean de la Fontaine 
                                    né à Château-Thierry le 7 ou 8 juillet 1621. 
                                    
                                    Etudes au collège de Château-Thierry, 
                                    il songe à entrer dans les ordres. 
                                    
                                    En 1642, il entreprend des études de droit 
                                    et acquerra le titre d'avocat au Parlement de Paris. 
                                    
                                    Première oeuvre imprimée en 1654: l'Eunuque

mouche.gif

LE LIEVRE ET LA PERDRIX
                                    
                                    
                                    Il ne se faut jamais moquer des misérables,
                                    Car qui peut s'assurer d'être toujours heureux?
                                    
                                    Le sage Esope dans ses fables
                                    
                                    Nous en donne un exemple ou deux.
                                    
                                    Celui qu'en ces vers je propose,
                                    
                                    Et les siens, ce sont même chose.
                                    
                                    Le lièvre et la perdrix, concitoyens d'un champ,
                                    
                                    Vivaient dans un état, ce semble, assez tranquille,
                                    
                                    Quand une meute s'approchant
                                    
                                    Oblige le premier à chercher un asile:
                                    
                                    Il s'enfuit dans son fort, met les chiens en défaut,
                                    
                                    Sans même en excepter Brifaut.
                                    
                                    Enfin il se trahit lui-même
                                    
                                    Par les esprits sortant de son corps échauffé.
                                    
                                    Miraut, sur leur odeur ayant philosophé,
                                    
                                    Conclut que c'est son lièvre, et d'une ardeur extrême
                                    
                                    Il le pousse; et Rustaut, qui n'a jamais menti,
                                    
                                    Dit que le lièvre est reparti.
                                    
                                    Le pauvre malheureux vient mourir à son gîte.
                                    
                                    La perdrix le raille, et lui dit:
                                    
                                    Tu te vantais d'être si vite!
                                    
                                    Qu'as-tu fait de tes pieds? Au moment qu'elle rit,
                                    
                                    Son tour vient; on la trouve. Elle croit que ses ailes
                                    
                                    La sauront garantir à toute extrémité:
                                    
                                    Mais la pauvrette avait compté
                                    
                                    Sans l'autour aux serres cruelles.
                                    
                                    
                                    
                                    LE LION DEVENU VIEUX
                                    
                                    
                                    Le lion, terreur des forêts,
                                    
                                    Chargé d'ans, et pleurant son antique prouesse,
                                    
                                    Fut enfin attaqué par ses propres sujets,
                                    
                                    Devenus forts par sa faiblesse.
                                    
                                    Le cheval s'approchant lui donne un coup de pied,
                                    
                                    Le loup un coup de dent, le boeuf un coup de corne.
                                    
                                    Le malheureux lion, languissant, triste et morne,
                                    
                                    Peut à peine rugir, par l'âge estropié.
                                    
                                    Il attend son destin, sans faire aucunes plaintes,
                                    
                                    Quand, voyant l'âne même à son antre accourir:
                                    
                                    ¨Ah! c'est trop, lui dit-il: je voulais bien mourir;
                                    
                                    Mais c'est mourir deux fois que souffrir tes atteintes.¨
                                    
                                    
                                    
                                    L'OISEAU BLESSÉ D'UNE FLÈCHE
                                    
                                    Mortellement atteint d'une flèche empennée,
                                    
                                    Un oiseau déplorait sa triste destinée,
                                    
                                    Et disait, en souffrant un surcroît de douleur:
                                    
                                    ¨Faut-il contribuer à son propre malheur?
                                    
                                    Cruels humains, vous tirez de nos ailes
                                    
                                    De quoi faire voler ces machines mortelles;
                                    
                                    Mais ne vous moquez point, engeance sans pitié:
                                    
                                    Souvent il vous arrive un sort comme le nôtre.
                                    
                                    Des enfants de Japet toujours une moitié
                                    
                                    Fournira des armes à l'autre.¨
                                    
                                    
                                    
                                    
                                    LE RAT QUI S'EST RETIRÉ DU MONDE
                                    
                                    Les Levantins en leur légende
                                    Disent qu'un certain rat, las des soins d'ici-bas,
                                    Dans un fromage de Hollande
                                    Se retira loin du tracas.
                                    La solitude était profonde,
                                    S'étendant partout à la ronde.
                                    Notre ermite nouveau subsistait là-dedans.
                                    Il fit tant, de pieds et de dents,
                                    Qu'en peu de jours il eut au fond de l'ermitage
                                    Le vivre et le couvert: que faut-il davantage?
                                    Il devint gros et gras; Dieu prodigue ses biens
                                    A ceux qui font voeu d'être siens.
                                    Un jour au dévot personnage
                                    Des députés du peuple rat
                                    S'en vinrent demander quelque aumône légère:
                                    Ils allaient en terre étrangère
                                    Chercher quelques secours contre le peuple chat;
                                    Ratopolis était bloquée:
                                    On les avait contraints de partir sans argent,
                                    Attendu l'état indigent
                                    De la république attaquée.
                                    Ils demandaient fort peu, certains que le secours
                                    Serait prêt dans quatre ou cinq jours.
                                    ¨Mes amis, dit le solitaire,
                                    Les choses d'ici-bas ne me regardent plus:
                                    En quoi peut un pauvre reclus
                                    Vous assister? que peut-il faire,
                                    Que de prier le Ciel qu'il vous aide en ceci?
                                    J'espère qu'il aura de vous quelque souci.¨
                                    Ayant parlé de cette sorte,
                                    Le nouveau saint ferma sa porte.
                                    Qui désignai-je, à votre avis,
                                    Par ce rat si peu secourable?
                                    Un moine? Non, mais un dervis:
                                    Je suppose qu'un moine est toujours charitable.
                                    
                                    
                                    
                                    LA DISCORDE
                                    
                                    La déesse Discorde ayant brouillé les dieux,
                                    Et fait un grand procès là-haut pour une pomme,
                                    On la fit déloger des cieux.
                                    Chez l'animal qu'on appelle homme
                                    On la reçut a bras ouverts,
                                    Elle et Que-si-que-non son frère,
                                    Avecque Tien-et-Mien son père.
                                    Elle nous fit l'honneur en ce bas univers
                                    De préférer notre hémisphère
                                    A celui des mortels qui nous sont opposés:
                                    Gens grossiers, peu civilisés,
                                    Et qui, se mariant sans prêtre et sans notaire,
                                    De la Discorde n'ont que faire.
                                    Pour la faire trouver aux lieux où le besoin
                                    Demandait qu'elle fût présente,
                                    La Renommée avait le soin
                                    De l'avertir; et l'autre, diligente.
                                    Courait vite aux débats et prévenait la paix,
                                    Faisait d'une étincelle un feu long à s'éteindre.
                                    La Renommée enfin commença de se plaindre
                                    Que l'on ne lui trouvait jamais
                                    De demeure fixe et certaine.
                                    Bien souvent l'on perdait à la chercher sa peine.
                                    Il fallait donc qu'elle eût un séjour affecté,
                                    Un séjour d'où l'on put en toutes les familles
                                    L'envoyer à jour arrêté.
                                    Comme il n'était alors aucun couvent de filles,
                                    On y trouva difficulté.
                                    L'auberge enfin de l'Hyménée
                                    Lui fut pour maison assignée.
                                    
                                    
                                    
                                    LA FORTUNE ET LE JEUNE ENFANT
                                    
                                    Sur le bord d'un puits très profond
                                    Dormait, étendu de son long,
                                    Un enfant alors dans ses classes:
                                    Tout est aux écoliers couchette et matelas.
                                    Un honnête homme, en pareil cas,
                                    Aurait fait un saut de vingt brasses.
                                    Près de là tout heureusement
                                    La fortune passa, l'éveilla doucement,
                                    Lui disant: mon mignon, je vous sauve la vie;
                                    Soyez une autre fois plus sage, je vous prie.
                                    Si vous fussiez tombé, l'on s'en fût pris à moi;
                                    Cependant c'était votre faute.
                                    Je vous demande, en bonne foi,
                                    Si cette imprudence si haute
                                    Provient de mon caprice. Elle part à ces mots.
                                    Pour moi, j'approuve son propos.
                                    Il n'arrive rien dans le monde
                                    Qu'il ne faille qu'elle en réponde:
                                    Nous la faisons de tous écots;
                                    Elle est prise à garant de toutes aventures.
                                    Est-on sot, étourdi; prend-on mal ses mesures,
                                    On pense en être quitte en accusant son sort:
                                    Bref, la Fortune a toujours tort.
                                    
                                    
                                    
                                    LE SOLEIL ET LES GRENOUILLES
                                    
                                    Aux noces d'un tyran tout le peuple en liesse
                                    Noyait son souci dans les pots.
                                    Esope seul trouvait que les gens étaient sots
                                    De témoigner tant d'allégresse.
                                    Le Soleil, disait-il, eut dessein autrefois
                                    De songer à l'hyménée.
                                    Aussitôt on ouït, d'une commune voix,
                                    Se plaindre de leur destinée
                                    Les citoyennes des étangs.
                                    Que ferons-nous, s'il lui vient des enfants?
                                    Dirent-elles au Sort: un seul Soleil à peine
                                    Se peut souffrir; une demi-douzaine
                                    Mettra la mer à sec et tous ses habitants.
                                    Adieu joncs et marais: notre race est détruite;
                                    Bientôt on la verra réduite
                                    A l'eau du Styx. Pour un pauvre animal,
                                    Grenouilles, à mon sens, ne raisonnaient pas mal.
                                    
                                    
                                    
                                    LA BELETTE ENTRÉE DANS UN GRENIER
                                    
                                    Demoiselle belette, au corps long et fluet,
                                    Entra dans un grenier par un trou fort étroit:
                                    Elle sortait de maladie.
                                    Là, vivant à discrétion,
                                    La galande fit chère lie,
                                    Mangea, rongea: Dieu sait la vie,
                                    Et le lard qui périt en cette occasion!
                                    La voilà, pour conclusion,
                                    Grasse, mafflue et rebondie.
                                    Au bout de la semaine, ayant dîné son soûl,
                                    Elle entend quelque bruit, veut sortir par le trou,
                                    Ne peut plus repasser, et croit s'être méprise.
                                    Après avoir fait quelques tours,
                                    C'est, dit-elle, l'endroit: me voilà bien surprise:
                                    J'ai passé par ici depuis cinq ou six jours.
                                    Un rat, qui la voyait en peine,
                                    Lui dit: Vous aviez lors la panse un peu moins pleine.
                                    Vous êtes maigre entrée, il faut maigre sortir.
                                    Ce que je vous dis là, l'on le dit à bien d'autres;
                                    Mais ne confondons point, par trop approfondir,
                                    Leurs affaires avec les vôtres.
                                    
                                    
                                    
                                    LE PETIT POISSON ET LE PÊCHEUR
                                    
                                    Petit poisson deviendra grand,
                                    Pourvu que Dieu lui prête vie;
                                    Mais le lâcher en attendant,
                                    Je tiens pour moi que c'est folie:
                                    Car de le rattraper, il n'est pas trop certain.
                                    Un carpeau, qui n'était encore que fretin,
                                    Fut pris par un pêcheur au bord d'une rivière.
                                    Tout fait nombre, dit l'homme en voyant son butin;
                                    Voilà commencement de chère et de festin:
                                    Mettons-le en notre gibecière.
                                    Le pauvre carpillon lui dit en sa manière:
                                    Que ferez-vous de moi? je ne saurais fournir
                                    Au plus qu'une demi-bouchée.
                                    Laissez-moi carpe devenir:
                                    Je serai par vous repêchée;
                                    Quelque gros partisan m'achètera bien cher:
                                    Au lieu qu'il vous en faut chercher
                                    Peut-être encor cent de ma taille
                                    Pour faire un plat: quel plat! croyez-moi, rien qui vaille.
                                    Rien qui vaille! eh bien! soit, repartit le pêcheur.
                                    Poisson, mon bel ami, qui faites le prêcheur;
                                    Vous irez dans la poêle; et vous avez beau dire,
                                    Dès ce soir on vous fera frire.
                                    Un Tien vaut, ce dit-on, mieux que deux Tu l'auras:
                                    L'un est sûr; l'autre ne l'est pas.
                                    
                                    
                                    
                                    LE TORRENT ET LA RIVIERE
                                    
                                    Avec grand bruit et grand fracas
                                    Un torrent tombait des montagnes:
                                    Tout fuyait devant lui! l'horreur suivait ses pas;
                                    Il faisait trembler les campagnes.
                                    Nul voyageur n'osait passer
                                    Une barrière si puissante;
                                    Un seul vit des voleurs; et se sentant presser,
                                    Il mit entre eux et lui cette onde menaçante.
                                    Ce n'était que menace et bruit sans profondeur:
                                    Notre homme enfin n'eut que la peur.
                                    Ce succès lui donnant courage,
                                    Et les mêmes voleurs le poursuivant toujours,
                                    Il rencontra sur son passage
                                    Une rivière dont le cours,
                                    Image d'un sommeil doux paisible et tranquille,
                                    Lui fit croire d'abord ce trajet fort facile:
                                    Point de bords escarpés, un sable pur et net.
                                    Il entre, et son cheval le met
                                    A couvert des voleurs, mais non de l'onde noire:
                                    Tous deux au Styx allèrent boire;
                                    Tous deux, à nager malheureux,
                                    Allèrent traverser, au séjour ténébreux,
                                    Bien d'autres fleuves que les nôtres.
                                    Les gens sans bruit sont dangereux:
                                    Il n'en est pas ainsi des autres.
                                    
                                    
LA FEMME NOYEE
Je ne suis pas de ceux qui disent: Ce n'est rien,
C'est une femme qui se noie.
Je dis que c'est beaucoup; et ce sexe vaut bien
Que nous le regrettions, puisqu'il fait notre joie.
Ce que j'avance ici n'est point hors de propos,
Puisqu'il s'agit, en cette fable,
D'une femme qui dans les flots
Avait fini ses jours par un sort déplorable.
Son époux en cherchait le corps,
Pour lui rendre, en cette aventure,
Les honneurs de la sépulture.
Il arriva que sur les bords
Du fleuve, auteur de sa disgrâce,
Des gens se promenaient ignorant l'accident.
Ce mari donc leur demandant
S'ils n'avaient de
                                    sa femme aperçu nulle trace:
Nulle, reprit l'un d'eux;
                                    mais cherchez-la plus bas;
Suivez le fil de la rivière.
Un autre repartir: Non, ne le suivez pas;
Rebroussez plutôt en arrière:
Quelle
                                    que soit la pente et l'inclination
Dont l'eau par
                                    sa course l'emporte,
L'esprit de contradiction
L'aura fait flotter d'autre sorte.
Cet homme se raillait assez hors de saison.
Quant
                                    à l'humeur contredisante,
Je ne sais s'il avait raison;
Mais, que cette humeur soit ou non
Le défaut du sexe et sa pente,
Quiconque avec
                                    elle naîtra
Sans faute avec elle  mourra,
Et jusqu'au bout contredira,
Et, s'il peut, encore par-delà.
 
LE CIERGE
C'est du séjour
                                    des dieux que les abeilles viennent.
Les premières, dit-on, s'en allèrent loger
Au mont Hymette, et se gorger
Des trésors qu'en ce lieu les zéphyrs entretiennent.
Quand on eu des palais de ces filles du ciel
Enlevé l'ambroisie en leurs chambres enclose.
Ou, pour dire en français la chose,
Après que les ruches sans miel
N'eurent plus que la cire, on fit mainte bougie;
Maint cierge aussi fut façonné.
Un d'eux voyant la terre en brique au feu durcie
Vaincre l'effort des ans, il eut la même envie;
Et, nouvel Empédocle aux flammes condamné
Par sa propre et pure folie,
Il se lança dedans. Ce fut mal raisonné;
Ce cierge ne savait grain de philosophie.
Tout en tout est divers: ôtez-vous de l'esprit
Qu'aucun être ait été composé sur le vôtre.
L'Empédocle de cire au brasier se fondit:
Il n'était pas plus fou que l'autre.
 

                                    LE FOU QUI VEND LA SAGESSE
                                    
                                    Jamais auprès des fous ne te mets à portée:
                                    Je ne te puis donner un plus sage conseil.
                                    Il n'est enseignement pareil
                                    A celui-là de fuir une tête éventée.
                                    On en voit souvent dans les cours:
                                    Le prince y prend plaisir; car ils donnent toujours
                                    Quelque trait aux fripons, aux sots, aux ridicules.
                                    Un fol allait criant par tous les carrefours
                                    Qu'il vendait la sagesse, et les mortels crédules
                                    De courir à l'achat; chacun fut diligent.
                                    On essuyait force grimaces;
                                    Puis on avait pour son argent,
                                    Avec un bon soufflet, un fil long de deux brasses.
                                    La plupart s'en fâchaient; mais que leur servait-il?
                                    C'étaient les plus moqués: le mieux était de rire,
                                    Ou de s'en aller sans rien dire,
                                    Avec son soufflet et son fil.
                                    Ce chercher du sens à la chose,
                                    On se fût fait siffler ainsi qu'un ignorant.
                                    La raison est-elle garant
                                    De ce que fait un fou? Le hasard est la cause
                                    De tout ce qui se passe en un cerveau blessé.
                                    Du fil et du soufflet pourtant embarrassé,
                                    Un des dupes un jour alla trouver un sage,
                                    Qui, sans hésiter davantage,
                                    Lui dit: Ce sont ici hiéroglyphes tout purs.
                                    Les gens bien conseillés, et qui voudront bien faire,
                                    Entre eux et les gens fous mettront, pour l'ordinaire,
                                    La longueur de ce fil; sinon, je les tiens sûrs
                                    De quelque semblable caresse.
                                    Vous n'êtes point trompé: ce fou vend la sagesse.
                                    
                                    
                                    
                                    LE MILAN ET LE ROSSIGNOL
                                    
                                    Après que le milan, manifeste voleur,
                                    Eut répandu l'alarme en tout le voisinage,
                                    Et fait crier sur lui les enfants du village,
                                    Un rossignol tonba dans ses mains par malheur.
                                    Le héraut du printemps lui demande la vie.
                                    Aussi bien, que manger en qui n'a que le son?
                                    Ecoutez plutôt ma chanson:
                                    Je vous raconterai Térée et son envie,
                                    Qui Térée? est-ce un mets propre pourles milans.
                                    Non pas; c'était un roi dont les feux violents
                                    Me firent ressentir leur ardeur criminelle.
                                    Je m'en vais vous en dire une chanson si belle
                                    Qu'elle vous ravira: mon chant plaît à chacun.
                                    Le milan alors lui réplique:
                                    Vraiment, nous voici bien! lorsque je suis à jeun,
                                    Tu me viens parler de musique.
                                    J'en parle bien aux rois. Quand un roi te prendra,
                                    Tu peux lui conter ces merveilles;
                                    Pour un milan, il s'en rira:
                                    Ventre affamé n'a point d'oreilles.
 
L'AMOUR ET LA FOLIE
Tout est mystère dans l'Amour,
Ses flèches, son carquois, son flambeau, son enfance:
Ce n'est pas l'ouvrage d'un jour
Que d'épuiser cette science.
Je ne prétends donc point tout expliquer ici:
Mon but est seulement de dire, à ma manière,
Comment l'aveugle que voici
(C'est un dieu), comment, dis-je, il perdit la lumière,
Quelle suite eut ce mal, qui peut-être est un bien;
J'en fais juge un amant, et ne décide rien.
La Folie et l'Amour jouaient un jour ensemble:
Celui-ci n'était pas encor privé des yeux.
Une dispute vint : l'Amour veut qu'on assemble
Là-dessus le conseil des dieux;
L'autre n'eut pas la patience;
Elle lui donne un coup si furieux,
Qu'il en perd la clarté des cieux.
Vénus en demande vengeance.
Femme et mère, il suffit pour juger de ses cris:
Les dieux en furent étourdis,
Et Jupiter, et Némésis,
Et les juges d'enfer, enfin toute la bande.
Elle représenta l'énormité du cas:
Son fils, sans un bâton, ne pouvait faire un pas:
Nulle peine n'était pour ce crime assez grande:
Le dommage devait être aussi réparé.
Quand on eut bien considéré
L'intérêt du public, celui de la partie,
Le résultat enfin de la suprême cour
Fut de condamner la Folie
A
                                    servir de guide à l'Amour.
                                    
                                    

courriersouris.gif

Me contacter

Vous cherchez un poème de La Fontaine et ne le trouvez pas...j'ai peut-être ce qu'il vous faut...n'hésitez pas à me le demander!