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PETITE SOURIS (A. Atzenwiler)
Petite
souris noire, Rôde, rôde la nuit, Rôde, rôde sans bruit Tout autour de l'armoire.
Petite souris fine, Ronge,
ronge la nuit, Ronge, ronge sans bruit, Le lard dans la cuisine.
Petite souris grise, File, file la nuit, File,
file sans bruit, Sinon tu seras prise.
AU DOUX FIL DE L'EAU (A. Atzenwiler)
Tout au fil de l'eau, Qui
coule, qui coule, Tout au fil de l'eau, Bercée par la houle, S'incline la foule Des légers roseaux.
Tout
au fil de l'eau, Qui glisse, qui glisse, Tout au fil de l'eau, La mousse tapisse De gros cailloux lisses Au
fond du ruisseau.
Tout au fil de l'eau, Qui brille, qui brille, Tout au fil de l'eau, Vogue une brindille Des
mâts à la quille, Fragile bateau.
Tout au fil de l'eau, Qui jase, qui jase, Tout au fil de l'eau, D'une
aile de gaze, Un insecte rase L'ombre d'un bouleau.
Tout au fil de l'eau, Qui passe, qui passe, Tout au
fil de l'eau, Je rêve à voix basse, Un rêve qu'efface La fuite des flots.
LE PETIT RUISSEAU (A.
Atzenwiler)
Le petit ruissseau Qui va, vient, sautille, A petit flot, A demi-mot, Happe des brindilles Sur
le bord de l'eau.
Au moindre frisson, Le ruisseau limpide A petit flot, A demi-mot, Se coule timide Derrière
le buisson.
Le long de son bord, Il baigne les plantes A petit flot, A demi-mot, Les feuilles luisantes Des
gros boutons d'or.
Hop! après un saut, Un collier d'écume, A petit flot, A demi-mot, Fin comme la plume Se
noue sur l'eau.
Au pied des bouleaux, La lune éparpille A petit flot, A demi-mot, Des pièces qui brillent Comme
des joyaux.
LE BONHOMME DE NEIGE (A. Atzenwiler)
Un jour, un bonhomme de neige Eut envie de
voyager.
Il prit sa belle écharpe beige Et son bâton de noisetier.
A peine arrivé en Afrique, Il se sentit
très fatigué.
Il fut piqué par un moustique A l'ombre d'un grand cocotier.
Il fut pris d'une forte fièvre Et
soudain se mit à trembler,
Comme tremblent lapins et lièvres Quand la chasse va commencer.
Il transpirait
à grosses gouttes, Il fondait de la tête aux pieds...
LE PETIT CHAT (A. Atzenwiler)
Le petit
chat qui vient de naître Dans le fond tiède du panier, Déjà curieux de tout connaître, Jette un regard émerveillé.
Le
pot de lait s'est renversé Sur sa délicate fourrure; Le flacon d'encre y a jeté Une pluie d'éclaboussures.
Sous
l'oeil paisible de la chatte, Il a lustré son plastron blanc; Son habit noir de diplomate Lui donne un air très important.
Il
a déjà de la moustache, Il boit du lait à petits coups, Il se hérisse et même il crache Quand il n'est pas content
de nous.
Il fait des gestes d'acrobate Bien qu'il vacille sur ses pieds; Il fait voler avec la patte De grosses
boules de papier.
Il entreprend des randonnées A la cuisine ou au salon; La bonne chatte abandonnée Pousse
un plaintif et doux ron-ron.
Lorsqu'il revient d'une aventure, Il tombe en boule tout moulu, Il plonge au creux
de la fourrure Et tette alors comme un goulu.
LES CANARDS (Rosemonde Gérard)
Ils vont, les petits
canards, Tout au bord de la rivière Comme de bons campagnards.
Barboteurs et frétillards, Heureux de trouver
l'eau claire, Ils vont, les petits canards.
Ils semblent un peu jobards, Mais ils sont à leur affaire Comme
de bons campagnards.
Dans l'eau pleine de têtards Où tremble une aile légère, Ils vont, les petits canards.
Marchant
par groupes épars, D'une allure régulière Comme de bons campagnards.
Chacun avec sa commère, Comme de bons
campagnards, Ils vont, les petits canards.
LE PETIT TRAIN (David Julien)
Où vas-tu, petit
train? - Je poursuis mon chemin: Je fais de longs voyages, Avec de lourds bagages. J'emporte des heureux Vers
de nouveaux rivages. Poulains, moutons et boeufs Me saluent au passage. Je vais, je vais, je vais, Sans être fatigué...
Où
vas-tu petit train? - Je poursuis mon chemin: Je roule avec tapage, J'ébranle les villages. Les bébés aux doux
yeux Ont peur à mon passage. Je cours vers d'autres cieux Apporter vos messages. Je vais, je vais, je vais, Sans
être fatigué.
Que fais-tu, petit train? - Je m'arrête en chemin: Je dépose au village Les gens du voisinage. Je
repars tout joyeux, VOir d'autres paysages. Vers les horizons bleus Je poursuis mon voyage; Je vais, je vais,
je vais, Sans être fatigué...
LE CHAT (N. Mertens)
Je suis le chat. Miaou! Miaou!
Mon
oeil vert se ferme à demi
Lorsque je guette les souris
Qui rongent tout, qui rongent tout.
Voyez-les
sortir de leurs trous,
Croyant que je suis endormi...
Elles accourent de partout
Avec de petits cris.
Bonjour,
souris, entrez en danse!
Mais...sachez bien que je suis là,
Moins endormi que l'on ne pense.
UN
PETIT CHAT (Gaby Vinant)
Un petit chat dans la prairie était assis tout seul.
Dans l'arbre au-dessus
delui un oiseau chantait pour lui seul.
Sur les chemins la nuit marchait à pas de loup et non loin
le ruisseau dansait sur les cailloux.
Un grand vent se leva et passa comme un fou... Soudain...l'oiseau se
tut. La nuit frissonna le chat prit son élan le ruisseau sanglota.
Depuis... le vent rôdeur à chacun
dit: ¨Sais-tu?¨
Un petit chat dans la prairie était assis tout seul.
Dans l'arbre au-dessus de
lui un oiseau chantait pour lui seul.
Sur les chemins la nuit marchait à pas de loup... c'est tout! c'est
tout!
MON CHATON (Manon Mailhot)
Chaton s'endort dans mon menton, Ronron, ronron, Je suis sa
petite maison.
J'aime papa, j'aime maman, J'aime tout le monde aussi. Mais chaton, il est si petit.
Il
n'a que moi et il me suit, Bien à moi, bien ami, Qu'il me fait doux, son pelage gris.
VENT DE MAI (R.
Labrosse)
Un grand vent de Mai M'a frappé dans le dos M'a fait sursauter Et tomber dans l'eau...
Pour
me relever Trois gaies hirondelles Ont pincé mon nez Et ouvert leurs ailes.
Un grand vent de Mai M'a séché
le dos Et m'a ramené Vers le vieux hameau.
L'ORPHELIN (M. Carême)
C'est un petit canard
Qui
n'a plus de parents.
On dirait, sur l'étang,
Un frêle nénuphar
Emporté par le vent.
Il nage lentement,
Faiblement,
tristement.
Les joncs, quand vient le soir,
Le bercent de leur chant
Et s'il a peur des gens,
Vite,
le bon brouillard
Le prend dans son foulard.
POUR MA MÈRE (M. Carême)
Il y a plus de fleurs Pour
ma mère, en mon coeur, Que dans tous les vergers;
Plus de merles rieurs Pour ma mère, en mon coeur, Que dans
le monde entier;
Et bien plus de baisers Pour ma mère, en mon coeur, Qu'on en pourrait donner.
IL
ÉTAIT UN ROI (M. Carême)
Il était un roi si pauvre Qu'il n'avait pas même un chien. Il traversait son
royaume, Pieds nus, comme un bohémien.
Il était un roi si simple Qu'il dormait sans matelas. Il n'inspirait
nulle crainte, Il n'avait pas de soldats.
Mais tous ceux qui lui parlaient Se sentaient les rois du jour Tant
sa voix leur inspirait De force grave et d'amour.
Ainsi ce roi sans couronne Créait chaque des rois, Car la
vraie royauté donne Bien plus qu'elle ne reçoit.
UN CHAT PERDU (M. Carême)
Un chat perdu rôdait Aux
portes des maisons. Une vieille cousait, Assise à son balcon.
¨O vieille!, dit le chat, Je vis de peu de chose: Deux
pétales de rose Comblent mon estomac.¨
¨En ce cas, dit la vieille, Entrez, pauvre matou; Dormez dans ma corbeille, Faites
comme chez vous.¨
Mais allez croire un chat! Dès qu'il fut chez la vieille, Il lui mangea jusqu'à L'ouate
de ses oreilles.
LES QUATRE SAISONS (E. Roller)
Quatre saisons
Tournent la ronde
Autour
du monde.
C'est le printemps
Vêtu de blanc.
Voici l'été
Clair et doré.
Puis vient l'automne,
Rouge
comme une pomme.
Gare à l'hiver,
Il a ses bottes
Et une hotte.
LA GIRAFE (R. Desnos)
La
girafe et la girouette, Vent du Sud et vent de l'Est, Tendent leur cou vers l'alouette, Vent du Nord et vent de l'Ouest.
Toutes
deux vivent près du ciel, Vent du Sud et vent de l'Est, A la hauteur des hirondelles, Vent du Nord et vent de l'Ouest.
Et
l'hirondelle pirouette, Vent du Sud et vent de l'Est, En été sur les girouettes, Vent du Nord et vent de l'Ouest.
L'hirondelle
fait des paraphes, Vent du Sud et vent de l'Est, Tout l'hiver autour des girafes, Vent du Nord et vent de l'Ouest.
LE
VIEUX PETIT TRAIN (A. Rivoire)
Au long du talus verdisssant, Le vieux petit train, hors d'haleine, Va, vient,
toujors monte et descend Entre la colline et la plaine.
Sitôt qu'il arrive, il repart En soufflant très haut
sa fumée, Toujours un peu plus en retard, Il n'a pas d'heure accoutumée.
Il va, comme les promeneurs; Il flâne,
il paresse avec joie, Pour mieux vous faire les honneurs D'un verger qui borde la voie.
Les jardins laissent
retomber Sur lui leurs roses entr'ouvertes Qu'on s'égratigne à dérober Aux branches flexibles et vertes.
Grinçant,
soufflant, s'époumonant Sous le tunnel en fleurs des branches, Le train siffle au dernier tournant... Je reconnais
deux robes blanches.
LE BEAU NAVIRE (Edmond Rocher)
Je l'ai construit, le beau navire, Pour
voyager où je voudrai. Il file, tangue, roule et vire Et vers l'horizon disparaît, La coque, les mâts et les voiles Et
les cordages bien serrés Vont fièrement sous les étoiles Vers les pays inexplorés. Tangue, roule et vire! Il est
si beau Mon fin navire! Il est si beau Voguant sur l'eau Oh! Oh! Mon fin navire de bouleau.
LA
CHANSON DES LUTINS (N. Mertens)
Regardez, regardez bien: Voici les joyeux lutins. Ils vont faire avec
entrain Tout l'ouvrage avant demain.
Ils vont faucher le sainfoin. Fauchez, lutins, fauchez bien! Ils vont
faucher le sainfoin Qui fleurit dans les regains.
Ils s'en vont charger le foin. Chargez, lutins, chargez bien! Ils
s'en vont charger le foin Qui nourrira les lapins.
Ils vont semer le bon grain. Semez, lutins, semez bien! Ils
vont semer le bon grain Qui deviendra du bon pain.
Ils vont fendre les rondins. Fendez, lutins, fendez bien! Ils
vont fendre les rondins Qui brûleront l'an prochain.
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