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AUX MILLE MOTS
Mes poèmes 8

J'espère vous avoir fait passer un bon moment...au plaisir!

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Les bons moments sont ceux qu'on se plaît à partager...

CRÉPUSCULE

Un pâle soleil à la joue pleine
se laisse glisser timidement
le long d'un horizon apathique,
accompagnant le jour dans sa peine.
Sur un fond de parfait dénuement
et entouré d'un rouge anémique
il carbonise toute la plaine
dans un flot de couleurs explosant
tout contre sa tronche famélique.

La lune, un moment ébranlée
par ce grand déploiement d'artifices,
remet un peu d'ordre dans sa suite.
Si la nuit semble se défiler
pour faire durer ce long supplice,
le vent, lui, arrête ses poursuites
et range ses ardeurs emmêlées;
bientôt la brune se fait complice
couvrant l'astre du jour dans sa fuite.



POESIE

poète,
un livre à coeur ouvert
un livre à fleur de peau
livre des coeurs
livre des vertiges.

Poète,
qui chante ta chanson
qui souffre dans ta chair
qui pleure tes amours
qui meurt à ton printemps.

Poète,
de la vérité nue
du verbe musical
de tes matins frileux
de tes plus fous espoirs.

Poète,
tu peux tout recréer
du vent et ses humeurs,
du temps et ses caprices,
de la vie, son pourquoi.



COEUR ENFANT

L'enfant crie, à peine né,
et ce cri, plus qu'un appel,
s'identifie à ses peurs,
puis s'essoufflent ses frayeurs
sous le regard maternel,
miroir de sérénité.

Le coeur souffre, demi nu,
ses espoirs éparpillés
mais son long chant de détresse
est imprégné de sagesse
malgré ses trésors pillés,
malgré sa chair mise à nu.

Et le temps, ce grand enfant,
en néglige son espace
et fuit les bonnes manières,
un tranquille tortionnaire
aux multiples tours de passe,
de ses humeurs dépendant.

L'enfant crie et le coeur geint,
tous deux réclament du temps
qu'il ralentisse sa course
pour s'endormir à la source,
pour s'éveiller au printemps
au seul rire d'un gamin.



PERCUSSION

Que gigote la trahison
au milieu de tous ses tisons
et que grimace le pendu
à la courte corde tendue.
Que suffoque le vil mensonge
qui les portes de ton coeur ronge
et que sombre ton beau bateau
sous le lourd boulet de mes maux.

Ton humour a brandi ses peurs
exhalant d'horribles vapeurs
pour bien camoufler sa défaite
et, d'un saut, d'une pirouette,
réparer le sombre tableau:
que reste-t-il de l'angelot?
Pauvre Pierrot au coeur ardent,
triste sir, la guerre perdant.



SOURDINE

Un timide soleil balance un oeil
Sur la montagne depuis peu en deuil
Du tout dernier rendez-vous estival;
Habillée comme pour un carnaval,
Ses arbres déversent des feuilles mortes,
Elle se prend à verrouiller ses portes
Sous le regad insistant de l'hiver.
Sa main blanche, ses grands airs par devers,
Lui caresse ses versants, messagère
D'une amitié plus ou moins passagère.

Un blanc soleil à l'humeur refroidi,
A la montagne, confie ses soucis,
Ses appréhensions et ses doléances,
Alors que le blanc défilé s'avance
Pompeux dans son pas et dans sa prestance.
Et sa foulée a repris la cadence,
Tel un chef d'orchestre dans son effort
Pour calmer les élans de son grand cor.
La montagne sera piégée
Une fois de plus par cet étranger.



LA SOURCE

Si la fleur, sans soleil, peut mourir,
comment moi, nue sans ta main, pourais-je
par devers monts et mers, te toucher;
comment moi, sans ton amour, irais-je
sur tes eaux, affronter ta douleur.

Si l'oiseau, sans chaleur, peut souffrir,
comment moi, sans ton secours, saurais-je
si ton coeur, sans détours, veut aimer;
comment moi, dans cette nuit, verrais-je,
sans tes yeux, ton enfant, ta douceur.



SE PERDRE

Te chercher du regard
te cueillir au hasard
et fouler ce cafard

Et croiser ton regard
comprendre que ce nectar
n'était qu'un traquenard

Se chercher du regard
se cueillir au hasard
se trouver, puis se perdre



IMPATIENCE

L'amour humain
est inhumain.

Combien de coeurs,
pleins de rancoeur,
se sont fermés
à peine nés.

Combien de vies,
pour cette envie,
ont vu s'enfuir
leur beau désir
pour avoir cru
le temps venu
le posséder.

Combien d'amants,
trop impatients,
l'ont méconnu;
combien d'élus
l'ont repoussé
voulant garder
leur liberté.

L'amour humain
sera demain
ce que les gens
de notre temps
voudront en faire.



JE VEUX

Je veux mourir avant toi,
mourir tout près de ton coeur,
reposer une autre fois
mon corps vieilli avant l'heure.

Je veux dormir près de toi,
savourer un court instant
la caresse de tes doigts
sur mon front encor brûlant.

Je veux mourir dans ta paix,
me souvenir d'une nuit
où la lune se tenait
sur ta lèvre, couleur suie:
me souvenir de ton chant
qui encor me fait rêver,
qui, déjà se fait troublant,
qui, bientôt, va m'égarer.



VIENS PLUS PRÈS

Viens plus près de moi,
viens choisir la nuit
où l'oiseau dort bien
et où aucun son
ne vient entraver
le souffle du vent,
ce vent de l'amour
pour qui, tant de fois,
l'homme s'est perdu.

Viens plus près de moi,
viens sceller ce temps
qui trop tôt s'enfui
nous laissant transis
dans nos corps d'humains.
Viens plus près, Ami:
la nuit n'est plus rien
pour celui qui craint
d'en aimer la sève.



LASSITUDE

Un chêne centenaire peint des arabesques
Sur un ciel tout barbouillé d'ancestrales fresques,
Tandis qu'un soleil anémique broit du noir,
Fatigué de courir du matin jusqu'au soir.

Il en a vu naître de ces pâles journées,
Pareilles aux pains d'une mauvaise fournée,
Déjà grises, à peine sorties de leur nuit;
L'oeil humide et brumeux, avançant sans un bruit,
Elles se libèrent de leur manteau d'ivresse
Comme le vieux chêne, par un soir de détresse,
Courbe la tête sous les foudres répétées
D'un ciel noirci par la colère et dépité.

Et les mois se traînent, cherchant consolation
Dans l'année qui s'achève; nulle compassion
Pour le chêne moribond, témoin malgré lui
De la poigne irréversible du vil ennui.



LIBERTÉ

Dans les vapeurs d'un morne matin
S'échappe ton âme, libérée
De son lourd trône de souverain
D'un monde à l'espoir démesuré.
Le corps d'argile ne vibre plus,
Depuis peu privé de son essence.
De tous les maux, elle s'est repue,
Aspirant à une renaissance
A des avenues plus détendues,
A des paysages hors du temps.
Voyageant dans l'immense étendue
Déjà connue des sorties d'antan,
Elle se laisse monter, ravie,
Vers un point d'irradiante lumière
Et, pour la nième fois de sa vie,
Se fusionne à la flamme première.



CORPS A COEUR

A corps trempé,
à coeur serré,
trop tôt âgé,
trop tard piégé.

A trop compter,
à trop rester,
s'enfuit la vie,
s'ensuit l'envie.

A corps perdu,
à coeur perclus,
à trop chercher,
à tout gâcher.



POINT MORT

Seulement, tout ce que tu comprends,
c'est que la mort, toujours, sort gagnante
depuis le jour où elle te hante
jusqu'à celui où elle te prend.

Seulement, tout ce que tu prétends,
c'est que la vie souvent est prenante,
depuis le jour où elle t'enfante
jusqu'au midi du dernier printemps.

Seulement, tout ce que tu entends,
c'est que la voix toujours est tentante,
dès l'instant où elle vante
ce qui n'appartient qu'à ton temps.

Seulement, là où tu te méprends,
c'est que ta foi souvent est béante,
rejetant du coeur sa loi démente
pour vivre une mort qui te comprend.



ÂME VAISSEAU

Léger mais insistant,
le son te prend tout entier,
maquillant ses instants
d'un soupçon d'éternité.

Il vient chercher ton coeur
et le soulève d'amour;
il lui soustrait sa peur
et le conduit sans détour
tel un vaisseau léger
sur l'océan lumineux.
Il se fait messager
d'un monde si merveilleux,
de tant de liberté,
que ta soif de l'infini
s'en trouve décuplée
et jamais inassouvie.

Tu te sens transporté
par cet hymne sans couplet,
un moment égaré
dans ce silence parfait.



COEUR LÉGER

Une vie à coeur léger,
une vie à coeur fermé;
dis-moi où je dois chercher,
dis-moi où je peux trouver.

On vient au monde le souffle court,
muet devant son immensité
et pourtant fragile à son discours;
souvent né de sa complicité
notre coeur n'en voit que le contour,
nos yeux, que ce qui semble durer:
un sourire mort dans le détour
et c'est un moi qui veut s'enmurer.

On vient au monde le coeur confiant,
n'osant souhaiter que d'être aimé,
a de belles paroles se fiant
plutôt qu'à nos rêves sublimés.
Et si fort que soient les liens du sang,
Ne renies pas ton identité;
chacun pourrait vivre avec ou sans,
seule vaut ton authenticité.



DOUCE AURORE

Un matin, puis un autre,
et tes yeux comme landaux
où se berce le temps
et où dort ton désir.

Une nuit, mais encor;
ta lèvre qui se tord
n'accuse que des plis,
sans sourire et sans son.

Une année, mais à quoi;
ton ardeur n'est que frime
et tes yeux se sont tu:
l'aube déjà revient
mais toujours, je t'attends.



LIBERTÉ

Les hommes sont libres,
qu'on se le redise,
mais dans leur bêtise
perdent l'équilibre
et leur coeur se trouble.
Dans son univers,
la peur par-devers,
le moi se dédouble
trouvant moins pénible
de se disperser
que de méditer.
Il prendra pour cible
ses fausses passions
cherchant la pitié
pour mieux falsifier
sa vraie condition.



VIEUX-JEUNE

J'ai été jeune, je suis vieux,
j'ai trop aimé, puis trop haï,
fui un moi qui m'avait trahi.
J'ai été jeune de mon mieux.

J'ai été jeune, je le suis,
cherché le vrai, trouvé l'oubli,
parfois libre, souvent transi.
J'ai été jeune, je le puis.

J'ai été jeune, qui je suis,
rêvé d'amour, criblé d'amis,
du plus menteur au plus petit.
J'ai été jeune, loin du puit.

J'ai été jeune, je suis mieux,
aimé la vie, connu l'envie,
épié le vide à l'infini.
J'ai été jeune...et plus vieux.



SOUVENIR

J'ai souvenir d'une chanson
qu'on a mis de côté,
qui parlait bien d'amour
mais aussi d'amitié.

J'ai souvenir d'un beau prénom
qui voudrait s'imposer,
qu'on entretient autour,
que je dois oublier.

J'ai souvenir d'un souvenir
que je pourrais aimer,
qui m'appartient toujours,
qu'il me faudra ranger.

J'ai souvenir d'un beau sourire
qui m'avait attirée,
de ton séjour trop court,
de tes yeux embrumés.

Les souvenirs sont parfois beaux,
parfois tristes, parfois trop chauds;
ces souvenirs qu'on veut garder,
qui n'ont jamais vraiment compté.



AU-DELÀ DU TEMPS

Je t'aimerai au-delà de toi,
je t'aimerai au-delà de moi,
je t'aimerai aussi fort que nous,
je t'aimerai à ne voir qu'un tout.

Tes yeux sourient et mon coeur bondit;
tout en moi frémit et se languit
de la chaleur de tes doux baisers,
de tes désirs pleins de volupté.

Tes lèvres, sur ma joue, paressent
tandis que tes mains me caressent,
mêlant ton plaisir à l'attente,
attisant la flamme latente.

Tes lèvres, dans mon cou, murmurent
tandis que le plaisir perdure
remplissant nos deux coeurs étonnés
d'une bouffée d'amour consommé.

Nous nous aimons et tout est magie;
ton souffle court sur ma peau ravie
et ton corps contre mon corps blotti
retient son élan et son envie.

Car chaque instant à te respirer
me remplit de ton infinité
et le jour qui meurt entre tes bras
me renvoit de ta nuit au trépas.



COURT CIRCUIT

Ces bras qui me retiennent
et ce coeur qui supplie
ces yeux aux mille cris
qui vomissent leur peine

Ces bras qui me repoussent
et ce coeur qui maudit
ces yeux qui ont menti
et qui me fuient en douce

Ces bras qui m'implorent
et ce coeur qui bondit
ces yeux qui ont brandi
un seul dieu à éclore



LAISSER ÊTRE

Laisser partir
laisser s'enfuir
laisser rêver
laisser mourir

Laisser partir son amour
laisser s'enfuir les beaux jours
laisser fleurir ses couleurs
laisser mourir sa douleur

Laisser le temps effacer
ce grand trou d'éternité
laisser le temps le combler
d'un instant d'infinité

Laisser la fièvre jaillir
pour pouvoir la contenir
laisser sa peine tarir
et mourir son souvenir

Laisser reposer son coeur
et faire taire sa peur
laisser fondre sa rancoeur
et disperser ses vapeurs

Laisser refermer la plaie
et faire naître la paix
laissez l'être respirer
laissez-le se purifier



REGARDER

Regarder dans ses yeux
et y sentir la nuit
une nuit sans sa lune
une nuit sans son aube

Regarder dans son coeur
et n'y voir que l'ennui
long corridor silencieux
au plafond gris de suie

Regarder dans ses mains
et y lire la peur
la peur de se livrer
la peur de trop souffrir

Sentir son âme à nue
et sa fragilité
aimer cet être doux
au coeur incandescent



DU JOUR AU MATIN

Le jour s'en retourne à la nuit
remplissant chacun de ses pas
d'un bleu ruban piqué d'étoiles.

Dans son univers bleu minuit
Dame lune allonge le bras
et se revêt de son blanc voile.

Son oeil est couleur gris de pluie;
septembre s'en vient à grands pas
que déjà on change de toile.

Le jour, de toute part, s'enfuit
pour venir tomber dans les bras
d'un matin transi dans ses voiles.



SURVIE

Il y avait un nid
mais l'oiseau est parti;
il y avait la vie
mais le coeur a menti.

Comme le ciel s'éteint,
la terre n'a plus faim;
elle a aimé le pain
mais ne veut plus du vin,
ce vin par trop vilain
qui fait l'esprit malin
et rendra fou demain.

Il y eut l'amitié
mais l'homme s'est défié;
puis, ce fut la pitié,
un mal particulier.

Comme le jour se meurt,
l'arbre sourit aux fleurs
et refoule ses peurs.
La lune, sans pudeur,
noyée dans ses vapeurs,
recherche la saveur
d'une nuit sans couleur.

Il y avait un nid
mais l'oiseau est parti;
il y avait la vie
mais depuis...la survie.



LE NID

Le ventre toujours chaud
du dernier oisillon,
le coeur encore empli
des ébats du petit,
un joli nid bien rond
se berce tout là-haut.

De la paille oubliée
l'oiseau l'avait conçu,
un matin de printemps,
dès le soleil levant,
chechant la plus dodue
de son bec initié.

L'automne point déjà
et le nid déserté
a changé de trombine;
il fait la grise mine
au matou affamé
rêvant d'un bon repas.



RÊVERIE

Laissez vivre mon rêve,
laissez-le vivre en moi
avant que ne s'achève
cette nuit qui  l'envoie.

Laissez danser mon rêve,
laissez-lui son ivresse
jusqu'à ce que se lève
une aube sans promesse.

Laissez rire mon rêve,
laissez-lui sa vraie joie;
permettez à sa sève
de se répandre en moi.

Laissez-moi à ce rêve
que je voudrais revivre,
le respirer sans trève
jusqu'à devenir ivre.



COHUE

Le monde a besoin d'être aimé
sinon plus que de bien tourner
car même s'il se juge grand,
il est si petit en dedans.
Un rien pourrait le chavirer
et son cours en serait changé.
Il a connu de ces moments
saturés de ressentiments
et n'a pas su les éviter
malgré qu'il se soit entêté.

Les guerres l'ont beaucoup meurtri,
le vidant de toute énergie;
sous ses pieds, la terre a tremblé
et ses entrailles ont vibré.
Il s'est retrouvé démuni
mais, mû d'une nouvelle vie,
se senti prêt à ranimer
la faible voix de l'amitié;
de ce printemps ont rejailli
tous les espoirs en la survie.



PITIÉ

Ayez pitié
de l'amoureux déçu,
ayez pitié
de cet enfant fourbu;
prenez son coeur
et choisissez sa douleur.

Ayez pitié
de l'écrivain oublié,
ayez pitié
de ce gamin sans souliers;
prenez son coeur
et composez sa douleur.

Ayez pitié
d'une femme sans enfant,
ayez pitié
de la mère qui attend;
prenez son coeur
et apaisez sa douleur.



AU COEUR DU SENTIER

De gras flocons blanchissent le sentier,
tombant bien serrés sur son front sans âge;
pourtant il rit de leur fébrilité
car, au milieu de tout ce tapage,
lui parvient les pépiements étouffés
des tout premiers arrivants au bocage.

Des souvenirs refluent, primesautiers,
faisant tressaillir son corps sinueux;
il a connu ces chaudes matinées
où, serrés dans des habits luxueux,
des couples déambulaient, raffinés,
le pas aérien, le verbe mielleux:
que de gestes et de discours futiles
pour masquer un désir fou mais pressant,
que d'oeillades, toutes inutiles,
pour maquiller ce silence opressant,
regorgeant de promesses puériles.

Hier encore, tout près du vieil églantier,
s'attardaient deux gamins, deux petits coeurs,
assis sur un banc, gênés par le temps,
échangeant leur amour et leur bonheur...
Puis il se prend à rêver au printemps,
et à sa suite qu'il connaît par coeur.



NATURE

Mère nature sommeille,
tout est repu et serein;
le grillon s'est endormi
au beau milieu de son chant
et la fleur s'est assoupie
légèrement enivrée.

La verte forêt s'éveille;
un petit oiseau mesquin,
tout frais sorti de son nid,
taquine un ver nonchalant
venu s'échoir, l'air bouffi,
près d'un vieux chêne esseulé.

Une récente rosée
stagne sur une herbe neuve
qu'un blanc soleil matinal
viendra sécher et dorer;
d'obèses chardons transpirent
dans l'attente d'une pluie.

Les saisons ont défilé,
tel le jeunot ou la veuve;
les années l'ont vu loyale,
dans ses gestes et idées,
et regardent l'avenir
d'un oeil et d'un coeur réjouis.



MOTS A MAUX

Il y a des mots qui blessent,
des mots entachés de haine
qui fusent et qui agressent
et qui d'autres maux entraînent.

Il y a des mots qui plaisent
parce que dits dans l'intention,
des mots façonnés de glaise
qui diluent toutes tensions.

Il y a des mots qui chantent,
qui bercent et qui amusent,
des mots que la joie enfante
et dont personne n'abuse.



PAIX, AMOUR

Doux moments de paix
où tout bruit se tait
laissant liberté
au choc des idées.

Le cadran s'est tu
et l'amour s'est mu
giclant à nouveau
comme eau sur ta peau
pour y réveiller
ta chair épuisée.

Doux moments de paix
où mon coeur renaît
laissant de côté
orgueil et péché.

Le jour s'est levé
et quelque rosée
perlait sur ton front;
silence profond
où la fleur s'éveille
chanson dans l'oreille.

Doux instants de paix
où mon corps s'effraie
d'un souffle soudain
du vent du matin.



FRAGILE RETOUR

Que revienne la vie
en mon âme sereine
et que fuit cette haine
de mon corps démuni.

Que revive la paix
cette paix peu connue
où l'humain sera mu
par le désir du vrai.

Que renaisse l'amour
et que mon coeur retire
de ce doux élixir
le chant d'un troubadour.


A UN AMI

La mort, spectre infâme,
me vint retirer
celui dont se pâme,
encor affecté,
le coeur d'un guerrier.

Il aura vécu
un siècle de moins
mais aura vaincu
ce monde sans soin,
un monde sans bien.

Il fut peu connu,
rançon de l'élu,
mais tous l'ont perdu.
Tu l'as reconnu:
poète aujourd'hui,
poète à minuit,
toi qui, ici, gît.



EPITRE

Je quitte ce monde
pour un moins immonde,
où justice est reine
et où mal se traîne.

Je quitte cet ami
pour qui j'ai omis
de livrer bataille
à mon coeur de paille.

Je quitte maison
et taches de son;
j'y laisse l'amour,
soleil de mes jours.

Je laisse la vie,
l'espoir, les soucis;
ma pensée vivra,
le temps franchira...


VIA DEMAIN

L'homme et sa bêtise,
l'homme et sa hantise;
l'homme et son péché,
l'homme, enfant buté.

La terre est outil,
la terre est amie;
la terre est un livre,
la terre veut vivre.

L'âme et son histoire,
l'âme et ses déboires;
l'âme, du corps d'argile,
toujours est vigile.



DOUCEUR

Un sourire à tes lèvres
comme rosée sur l'herbe,
un éclat à ton oeil
comme soleil sur la fleur.

Un bémol à l'oreille
comme brise sur l'eau,
une larme à tes joues
comme pluie sur le lac.

Un printemps pour ton coeur
et silence à tes maux;
te voilà châtelain
de mon coeur c'est certain.



LIBERTÉ

Laissez parler cet arbre,
qu'il dise son printemps,
qu'il pleure sur son chant;
laissez rêver cet arbre.

Laissez chanter l'enfant,
qu'il s'amuse au soleil,
qu'il rit à son réveil;
laissez vivre l'enfant.

Laissez jouer la pluie,
qu'elle berce la fleur
et boude la chaleur;
laissez danser la pluie.



SEMENCE

Petite graine, semence de vie,
laisse-toi porter vers ce jeune sol;
laisse-toi entourer de son limon
toi toute menue et pourtant si grande
dans cette mirobolante mission
de monter bien droite, telle un clocher.

D'autres t'ont précédée tant bien que mal
et on vu naître le précieux bourgeon
au sourire éclatant de promesses;
bientôt apparaîtra le fruit charnu
portant en son sein une autre lignée:
petite graine, laisse-toi grandir.



DÉSIR

Penser: plus le désir est réel
et plus vous devenez extérieur,
meilleure est la réalisation.
Et si le temps se montre rebel,
ne le percevez qu'en spectateur...
Il n'est qu'un reflet, une illusion.

Sentir: sans cesse le remouler,
l'habiller de parfums et couleurs.
Insuffler vie à toutes ses formes:
qu'il lui soit permis d'évoluer
car l'espace n'est qu'un profiteur
encadrant la liberté de l'homme.

Agissez: allez-y maintenant.
Entre l'infini et le fini,
il n'y a que le seul pont conscience.
Tout se manifeste sur le champs;
si ton désir est bien défini,
point n'est besoin d'user de patience.



VAPEURS

Des cheveux de lune s'étirent sur mon coeur.
Les effluves s'échappant de ces baisers
Sont aussitôt dérobés par des elfes
Aux amphores déjà bien remplies.
Des voiles parsemés d'étoiles
Bruissent délicieusement
Sur leur corps vaporeux.
D'un pas aérien,
Elles s'affolent,
Eperdues,
La nuit
Mue.



SUR-NUIT

Un autre jour, une autre nuit,
un point au coeur, un bleu de plus.

Checher ta main, toucher ton sein;
voici l'aube, l'amour est mort.
Ton regard mu, tes yeux sont nus.
Un bleu de nuit, un blanc d'ennui.

Un autre mois, une autre année;
murer sa joie, bailler aux nues.

Sentir sa loi, garder sa foi;
Sourire au jour, meubler son cours.
Ne rien penser, laisser passer:
un soleil plein, un doux tremplin.

Un autre jour, une autre nuit;
un bleu au coeur, un bleu sans plus.



TRANSCENDANCE

Et si soudain c'était silence,
que ton corps perdait sa substance,
que ton coeur changeait de fréquence.

Et si ta pensée éclatait,
que seule ton âme existait,
que le seul fait d'être importait.

Si soudain mutait ta conscience,
que se définissait l'Alliance...
Lui demanderais-tu audience?



EAU DE PLUIE

Il pleut sur mon coeur
des larmes par coeur;
il pleut sur ma vie
un peu d'eau de vie.

Il pleut sur mon corps
des cris en accord;
il pleut sur ma main
les plis de demain.

Il neige en bleu
dans tes yeux bleus;
il neige...et puis
comme voeu au puit,
gicle un rayon,
moins trait de crayon
que traînée de sang
sur ton sein décent.

Il pleure du temps,
il pleure cent ans;
c'est un cri du coeur,
c'est un mal qui meurt.

Il pleure un temps,
sur tout un printemps;
il pleure toujours...
ma peine est à jour.



CHUCHOTEMENTS

Entends-tu le vent dans la nuit?
Entends-tu la nuit à minuit?
Sous les toits reposent les corps
Des corps qui façonnent encor,
Malgré leur immobilité,
Malgré leur chagrin alité.

Entends-tu le vent de la nuit?
Entends-tu le temps qui s'enfuit?
Profitant de ce que tout meurt,
Se riant de toutes rumeurs,
Le temps a tout juste le temps
D'allumer un autre printemps.

Entends-tu ce vent qui rugit?
Entends-tu la nuit sa magie?
Il pourchasse le jour trompeur
Et le maintient dans sa torpeur;
Sous les toits reposent les corps,
qu'ils reposent un peu encor.
 
 
CHOISIS
 
Choisis l'amour et tu reprnds vie,
Choisis la peur et voilà la mort;
De l'amour naît l'espoir et la paix,
L'instinct de respirer un bon coup
Et de vivre en mode présent.
 
Choisis l'amour, ici, maintenant,
Inspire-le, fais de lui ton pain.
Ne laisse pas la peur te briser,
Laisse plutôt la vie te bercer.
 
Choisis l'amour et laisse couler
Ce doux nectar vers ton moi nouveau.
Choisis l'amour, mon doux compagnon,
Je ne peux que te tenir la main...

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