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Il est permis de rêver en autant que l'on n'idéalise pas son rêve!

La poèsie est la plus fine fleur de l'écriture...

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LA PEUR

La peur de perdre ce bien
qu'on n'a jamais possédé,
la peur d'un nouveau matin
au sourire mutilé.

La peur de lever les yeux
et de regarder sa vie,
la peur d'être trop heureux
et de finir dans l'oubli.

La peur d'entr'ouvrir son coeur
et d'y semer l'amitié,
la peur d'offrir une fleur
et de la voir refuser.



MORTE SAISON

Loin de tes yeux si doux
s'égare ma raison
dans les plis du remous
d'un coeur en pamoison.

Mes nuits se prolongent
et mon corps en fusion
ses souvenirs ronge
pour trouver l'intrusion.

Les jours se bousculent
au rythme de mes nuits
et mon ego bascule
dissocié de son fruit.

Un voile s'accroche
à mes espoirs déçus
et ce deuil tout proche
m'empoisonne et me tue.



COEUR ORPHELIN

Tranquille matin
pour ton coeur marin
parti affronter
les mers démontées
de son enfance.

Horrible souffrance
que se souvenir,
sans y parvenir,
du cher visage:
lointain mirage.

Tranquille matin
pour ton coeur marin
parti s'enfoncer
dans les eaux  foncées
de sa détresse.

Les mots, les caresses
ne peuvent panser
ni même souffler
les frayeurs du coeur
d'un enfant qui meurt.



POUR TOI

Tu es le pourquoi
de ma vie sans nuit;
tu es le pour qui
de mes nuits de choix.

Tes yeux de gamin
noient de leur magie
un chagrin d'ami,
un soupir soudain.

Tes mains de marin
apaisent l'ennui
qu'un vin de minuit
courtisera en vain.

Ton humour coquin
mes humeurs ravit
dès que s'assombrit
le bleu du matin.



SEUL

De son regard aux cents soleils
S'échappaient cent questions,
Toutes à la fois si pareilles
Et demandant attention;
Et sa pensée se consumait
De n'être point entendue...



ET TU MEURS

Et tu meurs
de cet impossible amour
d'un jamais et d'un toujours
de trompettes et tambours
sous un nom, un calembour

Mais tu meurs
pour un regard reporté
pour un amour différé
dans l'étroite immensité
d'une seconde ratée

Et je meurs
de ton indifférence
ton désir en carence
m'impose sa prestance
de son oeil en démence

Mais je meurs
et mon coeur en détresse
signe de sa caresse
cet instant de promesse
pour un matin d'ivresse



FOLIE D'UN TEMPS

Le temps en suspens,
du temps en pensée,
et passe le temps,
du temps au passé.

Un temps sans retour,
du temps au présent
perdu au détour,
un rêve d'enfant.

Du temps pour autant,
un temps pour l'été,
le temps d'un instant,
un rêve éveillé.

Du temps à rebours
qui meurt en passant,
une pensée pour,
un au revoir...quand.



SOUVENANCE

Les souvenirs;
Ces pantins désarticulés
Qui traînent au fond de nos mémoires
Comme de vieux bibelots défraîchis
Et qui surgissent sans invitation
Lorsque les humeurs perdent le nord.

Ces souvenirs
Qui, d'habitude, font jongler,
Que trop souvent on n'ose plus croire
Tant ils ont perdu couleur et fini,
Tant ils ont perdu leur fascination
Lorsqu'il n'est plus question que de mort.

Des souvenirs
Qu'on ne demande qu'à hurler
Lorsque la vie nous en fait trop boire,
Que les journées ont perdu leur midi
Et que les nuits ont changé de station;
Des souvenirs qui parlent trop fort.



REPOS
                  
                  Tu est comme la mer;
                  tu me reviens de loin
                  beau comme l'éphémère,
                  et dès que le jour point
                  tu sais te retirer,
                  un refrain dans l'oreille.
                  
                  Précieuse est l'Amitié,
                  ton amitié. Tu veilles
                  à ce que le printemps
                  te retrouve toujours
                  au seul air de ton chant,
                  comme le troubadour.
                  
                  
                  
                  IL ME FAUT
                  
                  Il me faut percer la cloison du temps
                  afin de retrouver les joies d'antan;
                  il me faut reconnaître le soleil
                  qui, alors, avait fleuri mon sommeil.
                  
                  Il me faut parcourir un long chemin
                  dont le tracé m'apparaîtra sans fin;
                  et là, tout au bout...mais sont-ce bien elles,
                  ces petits vieillards aux larmes nouvelles?
                  
                  
                  
                  SILENCE
                  
                  Délicieux mutisme
                  empreint du caprice
                  d'un coeur dans son prisme;
                  celui où se hissent
                  la peur et ses outils
                  et d'où un son divin
                  endort cet appétit
                  de pantin peu malin.
                  
                  Délicieux ornement
                  qui, votre coeur, retient;
                  imperceptiblement,
                  il vous retire un Tien
                  et y soumet un Sien.
                  Rien de bien compliqué
                  pour sentir, dans ce lien,
                  un brin d'éternité.
                  
                  Plusieurs vont s'y noyer,
                  cherchant à retrouver
                  l'instant de vérité
                  qui les a animés.
                  D'autres, par sa magie,
                  réalisent la vie,
                  le son et l'infini:
                  un ciel de mélodies...
                  
                  
                  
                  POESIE LIBRE

                  Mystère de la nuit
                  où, seul, le colibri
                  s'enivre du nectar
                  d'une étoile endormie.
                  
                  Silence de la nuit
                  où tout bruissement d'ailes
                  et friselis font peur
                  aux bourgeons nouveaux-nés.
                  
                  Séduction de la nuit
                  où luciole et grillon
                  marquent de leur cadence
                  le bal des papillons.
                  
                  
                  
                  SILENCE
                  
                  Ecouter ce silence
                  camouflant sa présence
                  de quelque bruit obscur.
                  Sentir son corps trop pur
                  vibrer contre mon coeur.
                  Lui soutirer, sans peur,
                  un peu de cette paix
                  dont mon corps se repaît.
                  Pouvoir me l'enchaîner
                  pour ne plus étouffer
                  sous les mains de la vie.
                  
                  Ecouter sa romance;
                  rechercher sa présence
                  pour ne point s'endormir
                  et se laisser mourir
                  dans les plis de l'ennui.
                  Trouver en cet ami
                  un sens à la survie.
                  
                  
                  
                  IVRESSE
                  
                  Le jour se lève, plein de mystère,
                  La vue encore toute embrouillée
                  Des vapeurs qui émergent de terre.
                  Il étire des heures mouillées,
                  Multipliant les lamentations
                  Au gré d'une humeur par trop fantasque.
                  Il se commande à répétitions
                  De gras nuages et des bourrasques,
                  Comme enivré par tant d'énergie.
                  Puis, son élan premier épuisé,
                  Calmant de suite l'hémorragie,
                  Il se laisse bousculer, grisé.
                  
                  
                  
                  PETITES FLEURS
                  
                  Tête couronnée de nos champs,
                  Au corps étroitement gainé
                  Et aux pétales dentellés,
                  Même secouée par les grands vents
                  Ou saoûlée par trop de soleil,
                  Tu sais agrémenter nos veilles.
                  
                  Ta soyeuse corolle tremble
                  Sous un corps velu de bourdon
                  Venu puiser, sans permission,
                  Le sucré nectar de ton temple.
                  L'aube te surprend à épier
                  Un bouquet sur la cheminée.
                  
                  
                  
                  AU FIL
                  
                  Au fil des jours
                  petit enfant
                  la fleur, toujours,
                  deux fois se ment.
                  
                  Au fil des jours
                  petit gamin
                  fleurit l'amour
                  puis meurt soudain.
                  
                  Au fil des nuits
                  petit poupon
                  se noie le fruit
                  d'un temps sans nom.
                  
                  Au fil des nuits
                  toi, si chétif,
                  tu bois la vie
                  l'oeil attentif.
                  
                  Au petit jour
                  te voilà mûr,
                  mûr pour l'amour,
                  mûr mais non pur.
                  
                  
                  
                  DANS LA POCHE
                  
                  Dans ma poche y vit encor
                  un peu de cette amitié
                  dont je voulais réserver
                  le trop de félicité
                  à un ami au coeur d'or.
                  
                  Dans ma poche y vit toujours
                  une ombre, un petit rien
                  qui, malgré son lourd destin, 
n'est plus
                  le grand musicien
                  qui bercera mes amours.
                  
                  Dans ma poche y vit aussi
                  une semence d'espoir;
                  je la sèmerai, un soir,
                  non loin de ce vieux manoir
                  où notre amour se perdit.
                  
                  
                  

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