Le temps n'existe plus...il n'y a que la paix du coeur qui
subsiste...
Là est la vraie détente!
PASSE LE TEMPS
Passe le temps et passe
l'amour; Passe le temps et tous ses beaux jours Car de ta candeur je ne veux plus. De tant de faux tu l'as revêtue Qu'elle
ne pourra plus ressembler Au doux mirage des temps passés.
Passe le temps et tous ses atouts; Passe le temps
et ses enjeux fous, Car le hasard ne m'a point souri. Tourne la roulette de la vie Et qu'enfin on remette les
dés A ceux dont la chance aura tourné.
Passe le temps et tous ses faux dieux; Passe le temps et tous ces adieux Afin
qu'il me soit un jour permis De retrouver un bien vieil Ami; Que passe le temps et ses atours Et que renaisse l'aube
d'un jour.
COMPLICITÉ
Un amour à demi mots et deux mains pour pleurer, une amitié qui surprend et
qu'il fait bon rattraper.
Un sourire, point de mots et mes yeux t'ont retrouvé, une larme qui descend et tes
doigts l'ont devinée.
Un soleil vaut mille mots et je te l'ai conservé, un regard vers le couchant où mon
coeur s'est égaré.
DÉFI
Deux mains se rassemblent, l'une pressant l'autre; deux mains se refusent, l'une
fuyant l'autre.
Deux coeurs se rapprochent, unis à nouveau; deux coeurs se déchirent, brisés de nouveau.
Deux âmes
se défient, perdues pour un temps; deux âmes reviennent pour défier le temps.
VIEILLESSE
Seul,
au déclin de sa vie, Tenaillé par le remords De n'avoir pas su suspendre La course de la pendule, Le vieillard
livre combat Pour retrouver son souffle.
Des souvenirs envahissent Son vieux crâne dégarni Tandis qu'au bord
de ses yeux Une larme se suffit Et le coeur de la pendule Se saisit de son secret.
TEMPO
J'entends
passer le temps, ce temps qui nous modèle et permet nos printemps. Il se fait hirondelle et le vent le poursuit, se
cachant dans son aile pour attendre la nuit.
Le temps n'est que chaos et ses buts, imprécis. Il peut faire
le beau et y mettre des ¨si¨, faire de bien grands sauts et se jouer des ¨psy¨; il n'est que demi-mots.
Le
temps se rit du temps; dans sa course effrénée pour gagner de l'avant, pour mieux se repérer, il sourit un moment à
son dernier passé, mais il n'a que le temps...
TEMPO (bis)
Le temps fuit et jamais ne revient; Petit
messager de la vie qui, Suivant l'oscillation du pendule Du destin qui, déjà, n'est plus tien, Vient t'arracher à
un paradis Où nul incident ne se module Sinon ton premier souffle de vie.
FEU, BLOND FEU
Un blond
feu, de ses longs doigts Bleutés, chatouille le bois; De minuscules fenêtres S'allument et rougissent un peu.
Blond
feu, caresse mon coeur, Fais-le rougir de bonheur, Viens lui prendre sa pâleur, Lui soutirer sa rancoeur.
J'ai
méconnu tes chauds doigts Et mon corps est aux abois; Il n'aspire qu'à renaître, Se consumer sous ton feu.
Blond
feu, caresse mon coeur, Fais-le bondir de bonheur; Prodigue-lui ta chaleur, Donne-lui une saveur.
CHEZ
TOI
Il fait bon chez toi quand veille l'amour qui te lie à moi.
Il fait beau chez toi quand l'astre
du jour me confie sa loi.
Il fait doux chez toi et chante mon coeur cet air mille fois. Il fait chaud chez
toi, silicieux bonheur niché sous ton toit.
On est bien chez toi, et tisse ta vie d'un blanc fil de joie.
On
est deux chez toi, à nouveau réunis dans la même voie.
HIVERISSIMO
L'hiver nous couve encor de
son aile alors que nos corps sont déjà vieux et que nos coeurs tremblent de désirs. De sa blancheur, l'humain s'est
repu mais de sa froidure s'est moqué la croyant éphémère et sans mal.
Un printemps à la sève nouvelle se prend
à sommeiller, ventre creux; de son arrivée ne peut rien dire car sa place est toujours retenue par ce temps
à la froide lignée qui n'attend, en fait, que le signal.
PURETÉ
Un pâle soleil lèche la terre et
de blancs flocons vont leur chemin, le pas nonchalant et l'oeil pesant.
Les cheminées bavent un gris mucus et
le soleil s'en trouve sali. Le sentier a vieilli tout d'un coup et le vieux banc, maintenant désert, voit s'épanouir
son flanc onduleux.
L'arbre décharné s'est vu coiffé d'une capeline de dentelle, de quoi voir rougir la coulemelle. Un
frais silence s'est abattu et le vieux banc est pris à chanter.
Un pâle soleil lèche la terre et de blancs flocons
vont leur chemin du pas lourd d'un vieillard qui s'éteint.
CHANT INDIEN
Les tam-tam se sont tus; le
feu crépite encore et ses derniers éclats naviguent sur leurs faces.
Leurs bouches se sont tues mais leurs
yeux crient encore; ils crient et ces éclats jaillissent de leurs faces, se joignent sur la place, et tous, d'un
geste las réveilleront leurs corps de guerriers abattus.
Le lâche n'a pas place et même s'ils sont las, une
haine a pris corps et n'est point abattue.
LE ROCHER
La mer s'est élevée et vint se projeter sur
la croûte ridée d'un rocher malfamé; rocher aux cent déboires, connu de cent histoires. On le dit maléfique car
combien, sur ses pics, Aphrodite n'a vu s'échouer de corps mus par quelque désir fou. La mer, sur ses fonds mous, les
a tous recueillis leur promettant ainsi un repos bienfaisant, un sommeil de cent ans.
TROP
A
trop vouloir à trop s'accrocher à trop s'arroger de tout pouvoir
A trop chercher à trop pressentir à
trop juger de tout prévenir
A trop courir à trop s'emballer à trop mourir de tout s'enivrer
A trop
vouloir de tout conjuguer s'enfuit l'espoir de s'en libérer
PLEIN VIDE
Je suis rien en plus rien
en moins né du tout un début dans le noir une fin dans le sein de son Tout
Je suis et tu es sans
un mot sans extrait pur éclat blanc cristal un en Tout
Je suis au de-là en de-ça sans passé au
présent un ami un passant Tout en un
PARTIR
Et tu pars; tu fermes ton coeur et choisis d'en
finir, tu écoutes ta peur d'aimer et de souffrir.
Et tu cours; tu cherches à t'échapper de cet amour trop
lourd, tu voudrais rattraper tes désirs à rebours.
Et tu fuis; tu voudrais te soustraire à ce rêve miné, et
essayer de taire tes espoirs élimés.
Pourquoi partir, pourquoi t'enfuir; regarde dans mes yeux, je te fais
un aveu: je t'ai toujours aimé.
NON RETOUR
Que revienne la paix en mon âme troublée, que revive
l'amour en mon corps affolé; que reposent tes mains sur mon épaule nue, que réchauffe ton souffle mes ardeurs déchues.
Que
coulent de tes yeux ces mots tant attendus, que se couche ton front entre mes seins menus; que s'épanche ton coeur contre
mon coeur grisé, que s'étanche ta peine sur mes reins brisés.
C'est un appel à toi, c'est un appel à nous, c'est
un appel à nos courses, à nos remous; c'est un retour à nos rêves les plus rêvés, c'est un retour à nos désirs les plus
sensés.
Que t'importe le temps qui nous a séparés, que t'importe les gens qui nous ont comparés; que t'apportent
ces souvenirs d'un autre temps, que t'apportent ces pensées jusqu'à maintenant.
ENVIE
Envie de toi,
envie de nous; Le temps est long, le temps est court. Me ressourcer dans ta présence, La recréer, l'imaginer, M'imprégner
de ta vibration, La rappeler à ma pensée.
Envie de toi, envie de nous; Espace et temps n'existent plus Car
tu es près de moi, en moi. Je n'attends rien et j'attends tout; Je bois ton eau et m'y repais, Me coule en toi, m'y
reconnais.
Envie de toi, envie de nous. Te bercer, aimer ton enfant; D'un baiser apaiser ta peur, D'un regard,
cueillir ta fraîcheur. Je n'attends rien puisque j'ai tout, Je n'entends rien, envie de nous.
VOIS
Vois, ressens ce
bonheur qui nous unit, que tu renies, chaque jour, ressens, vois
Vois, ressens ma douleur, celle
qui te crie ma soif de vie, mon amour, ressens, vois
POINTS DE VIE
Longer les trottoirs
de la vie; A chaque pas toujours tenter D'échapper à son gris trcé. Avancer en catimini De crainte d'éveiller
tes peurs Et de voir son vrai visage. Ne plus donner foi aux mirages Et te sortir de ses vapeurs Pour
retrouver tes illusions. Redouter tous les carrefours Où elle revêt ses atours Pour mieux contrer tes décisions. Echanger
tous tes ¨peut-être¨ Et échapper à ses minuits, S'écarter de ses eaux de pluie Et lutter pour ton mieux-être.
Longer
les trottoirs de la vie; A chaque pas se retourner Avec la peur de retrouver L'ombre de l'inconnu qui rit.
PRISON
Que
n'as-tu maintes fois relu ce passage où, enfermée entre ces pages vermoulues, tu t'es vue longtemps refuser le
droit à toutes les passions.
A peine émergée de la vie, le coeur gonflé d'appréhension, déjà tu frémissais
d'envie sous le regard rafraîchissant du pâle soleil du matin. Aujourd'hui, ton corps ravissant se languit dans
l'étroit écrin, malgré ces mots d'un autre temps.
Tous les pleurs, couchés sur papier par ce grand poète d'antan, de
très près tu les as épiés, mais aucun n'a rejoint les tiens. Dans ta blanche robe aux plis plats, le coeur éclaté
tu retiens
de vains sanglots; peur que voilà du fantôme
de ses pensées.
Que n'as-tu trop longtemps vécu dans cet univers, étouffée, guettant ce lecteur assidu dans
sa recherche d'émotions; une rose sur le déclin cherche à attirer l'attention, ce repos est par trop vilain et
n'offre pas de rémission.