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Alfred de Musset

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Page dédiée à Alfred De Musset

Musset, né en 1810, mort en 1857. 
                                             
Musset qui semble-t-il à 30 ans avait tout 
dit.Musset le romantique avec ses cris son coeur 
en écharpe et Musset le classique,
                                             
dualité où Musset alterne mais 
où le sens du vrai le délivrera.

                                             

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JAMAIS


Jamais, avez-vous dit, tandis qu'autour de nous
Résonnait de Schubert la plaintive musique;
Jamais, avez-vous dit, tandis que,  malgré vous,
Brillait de vos grands yeux l'azur mélancolique.

Jamais, répétiez-vous, pâle et d'un air si doux
Qu'on eût cru voir sourire une médaille antique.
Mais des trésors secrets l'instinct fier et pudique
Vous couvrir de rougeur, comme un voile jaloux.

Quel mot vous prononcez, marquise, et quel dommage!
Hélas! je ne voyais ni ce charmant visage,
Ni ce divin sourire, en vous parlant d'aimer.

Vos yeux bleus sont moins doux que votre âme n'est belle.
Même en les regardant, je ne regrettais qu'elle,
Et de voir dans sa fleur un tel coeur se fermer.



JE RASSEMBLAIS DES LETTRES...
(extrait)


Je rassemblais des lettres de la veille,
Des cheveux, des débris d'amour.
Tout ce passé me criait à l'oreille
Ses éternels serments d'un jour.
Je contemplais ces reliques sacrées,
Qui me faisaient trembler la main:
Larmes du coeur par le coeur dévorées,
Et que les yeux qui les avaient pleurées
Ne reconnaîtront plus demain!

J'enveloppais dans un morceau de bure
Ces ruines des jours heureux.
Je me disais qu'ici-bas ce qui dure,
C'est une mèche de cheveux.
Comme un plongeur dans une mer profonde,
Je me perdais dans tant d'oubli.
De tous côtés, j'y retournais la sonde,
Et je pleurais, seul, loin des yeux du monde,
Mon pauvre amour enseveli.



POESIE, HARMONIE, AMOUR!...


Poésie, harmonie, amour! Larmes célestes
Que les douleurs de l'homme arrachèrent aux yeux
Du vengeur immortel qui les chasse des cieux,
Si vous versez parfois, poisons doux et funestes,

Le baume de l'oubli sur nos cuisants regrets,
Quels trésors ignorés peut révéler une âme
Dont le ciel a puisé l'essence à votre flamme,
Lampe où les feux sacrés ne s'éteignent jamais?

Dieu donna la beauté dont le regard attire
A ces êtres divins qu'il créa d'un sourire!
Leur fit un front de vierge et de longs yeux voilés
Et leur dit en partant: Allez et consolez.

Mais eux-mêmes souvent du feu qui les habite
On les voit ici bas se plaindre et s'étonner
Cherchant à modérer le rayon qui s'agite
Et qui, venu du ciel, voudrait y retourner.




CONFESSION D'UN ENFANT
DE L'AUTRE SIÈCLE


Le temps ne nous corrige pas
Nous autres, personnes sensibles,
En vain les muses inflexibles
Voilent à nos yeux leurs appas;
Nous nous attachons à leurs pas
Ainsi que des enfants terribles;
Les fautes ne servent de rien,.
Pour en éviter de nouvelles,
Nous rimons mal, nous péchions bien.
A défaut d'amour et de belles
Les vers tourmentent nos cervelles
Toujours...et nous nous obstinons;
Comme en leur foi les hérétiques.
Mil huit cent vingt! nous éclosions
Dans les Mélanges poétiques,
Livre plein de prétentions
Aux enivrements érotiques.
Puis dix ans nous nous reposions
Au sein des dames romantiques,
Venaient après?...je ne sais plus,
Sinon que c'était du plus tendre,
Du coeur brisé, des sens émus,
Et beaucoup de voeux superflus.
Dix nouveaux ans encor de fièvre!
Arthur paraît, le malheureux,
Déplorablement vertueux,
Triste réveil d'un charmant rêve!
Est-ce la fin? Hélas! hélas!
Voilà que viennent les Lilas|
C'est l'amitié qui les fait naître,
Le temps d'éclore et de paraître,
De parfumer une fenêtre,
Et tout est dit de cette fois!
C'en est bien fait, amis, mes maîtres;
Dans ces lieux où je vous reçois
Vous ne trouverez plus de traîtres.
Oh! ces vers! sont-ils négligés,
Mal équipés, mal arrangés,
Avec des trous à leur chemise!
Et se présenter, ainsi faits,
A leurs seigneurs, que de sottise!
Pauvres amis, pardonnez-leur;
Ils connaissent bien leur faiblesse.
Ils vous diront: excusez leur vieillesse,
La grande faute de l'auteur.




BALLADE A LA LUNE


C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d'un fil,
Dans l'ombre,
Ta face et ton profil?

Es-tu l'oeil du ciel borgne?
Quel chérubin cafard
Nous lorgne
Sous ton masque blafard?

N'es-tu rien qu'une boule,
Qu'un grand faucheux bien gras
Qui roule
Sans pattes et sans bras?

Es-tu, je t'en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
Qui sonne
L'heure aux damnés d'enfer?

Sur ton front qui voyage.
Ce soir ont-ils compté
Quel âge
A leur éternité?

Est-ce un ver qui te ronge
Quand ton disque noirci
S'allonge
En croissant rétréci?

Qui t'avait éborgnée,
L'autre nuit? T'étais-tu
Cognée
A quelque arbre pointu?

Car tu vins, pâle et morne
Coller sur mes carreaux
Ta corne
À travers les barreaux.

Va, lune moribonde,
Le beau corps de Phébé
La blonde
Dans la mer est tombé.

Tu n'en es que la face
Et déjà, tout ridé,
S'efface
Ton front dépossédé.

Rends-nous la chasseresse,
Blanche, au sein virginal,
Qui presse
Quelque cerf matinal!

Oh! sous le vert platane
Sous les frais coudriers,
Diane,
Et ses grands lévriers!

Le chevreau noir qui doute,
Pendu sur un rocher,
L'écoute,
L'écoute s'approcher.

Et, suivant leurs curées,
Par les vaux, par les blés,
Les prées,
Ses chiens s'en sont allés.

Oh! le soir, dans la brise,
Phoebé, soeur d'Apollo,
Surprise
A l'ombre, un pied dans l'eau!

Phoebé qui, la nuit close,
Aux lèvres d'un berger
Se pose,
Comme un oiseau léger.

Lune, en notre mémoire,
De tes belles amours
L'histoire
T'embellira toujours.

Et toujours rajeunie,
Tu seras du passant
Bénie,
Pleine lune ou croissant.

T'aimera le vieux pâtre,
Seul, tandis qu'à ton front
D'albâtre
Ses dogues aboieront.

T'aimera le pilote
Dans son grand bâtiment,
Qui flotte,
Sous le clair firmament!

Et la fillette preste
Qui passe le buisson,
Pied leste,
En chantant sa chanson.

Comme un ours à la chaîne,
Toujours sous tes yeux bleus
Se traîne
L'océan montueux.

Et qu'il vente ou qu'il neige
Moi-même, chaque soir,
Que fais-je,
Venant ici m'asseoir?

Je viens voir à la brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

Peut-être quand déchante
Quelque pauvre mari,
Méchante,
De loin tu lui souris.

Dans sa douleur amère,
Quand au gendre béni
La mère
Livre la clef du nid,

Le pied dans sa pantoufle,
Voilà l'époux tout prêt
Qui souffle
Le bougeoir indiscret.

Au pudique hyménée
La vierge qui se croit
Menée,
Grelotte en son lit froid,

Mais monsieur tout en flamme
Commence à rudoyer
Madame,
Qui commence à crier.

"Ouf! dit-il, je travaille,
Ma bonne, et ne fais rien
Qui vaille;
Tu ne te tiens pas bien."

Et vite il se dépêche.
Mais quel démon caché
L'empêche
De commettre un péché?

"Ah! dit-il, prenons garde.
Quel témoin curieux
Regarde
Avec ces deux grands yeux?"

Et c'est, dans la nuit brune,
Sur son clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.




TRISTESSE

J'ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.

Quand j'ai connu la vérité,
J'ai cru que c'était une amie;
Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelques fois pleuré.



RAPPELLE-toi
(paroles faites sur la musique de Mozart)


Rappelle-toi, quand l'aurore craintive
Ouvre au Soleil son palais enchanté;
Rappelle-toi, lorsque la Nuit pensive
Passe en rêvant sous son voile argenté;
A l'appel du plaisir lorsque ton sein palpite,
Aux doux songes du soir lorsque l'ombre t'invite,
Ecoute au fond des bois
Murmurer une voix:
Rappelle-toi.

Rappelle-toi, lorsque les destinées
M'auront de toi pour jamais séparé,
Quand le chagrin, l'exil et les années
Auront flétri ce coeur désespéré;
Songe à mon triste amour, songe à l'adieu suprême!
L'absence ni le temps ne sont rien quand on aime.
Tant que mon coeur battra,
Toujours il te dira:
Rappelle-toi.

Rappelle-toi, quand sous la froide terre
Mon coeur brisé pour toujours dormira;
Rappelle-toi, quand la fleur solitaire
Sur mon tombeau doucement s'ouvrira.
Je ne te verrai plus; mais mon âme immortelle
Reviendra près de toi comme une soeur fidèle.
Ecoute, dans la nuit,
Une voix qui gémit:
Rappelle-toi.


                                
                                             
                                                   MES DEUX FILLES
                                             
                                             
                                             Dans le frais clair-obscur du soir charmant qui tombe,
                                             L'une pareille au cygne et l'autre à la colombe,
                                             Belles, et toutes deux joyeuses, ô douceur!
                                             Voyez, la grande soeur et la petite soeur
                                             Sont assises au seuil du jardin, et sur elles
                                             Un bouquet d'oeillets blancs aux longues tiges frêles,
                                             Dans une urne de marbre agité par le vent,
                                             Se penche, et les regarde, immobile et vivant,
                                             Et frissonne dans l'ombre, et semble, au bord du vase,
                                             Un vol de papillons arrêté dans l'extase.
                                             
                                             
                                             
                                             
                                             SONNET À VICTOR HUGO
                                             
                                             
                                             Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,
                                             Pour savoir, après tout, ce qu'on aime le mieux;
                                             Les bonbons, l'Océan, le jeu, l'azur des cieux,
                                             Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.
                                                                                 
                                                                                 Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses;
                                                                                 Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d'adieux.
                                                                                 Puis le coeur s'aperçoit qu'il est devenu vieux,
                                                                                 Et l'effet qui s'en va nous découvre les causes.
                                                                                 
                                                                                 De ces biens passagers que l'on goûte à demi,
                                                                                 Le meilleur qui nous reste est un ancien ami.
                                                                                 On se brouille, on se fuit. - Qu'un hasard nous rassemble.
                                                                                 
                                                                                 On s'approche, on sourit, la main touche la main,
                                                                                 Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble,
                                                                                 Que l'âme est immortelle, et qu'hier c'est demain.
                                                                                 
                                                                                 
                                                                                 
                                                                                 SONNET
                                                                                 
                                                                                 
                                                                                 Se voir le plus possible et s'aimer seulement,
                                                                                 Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,
                                                                                 Sans qu'un désir nous trompe, ou qu'un remords nous ronge,
                                                                                 Vivre à deux et donner son coeur à tout moment.
                                                                                 
                                                                                 Respecter sa pensée aussi loin qu'on y plonge,
                                                                                 Faire de son amour un jour au lieu d'un songe,
                                                                                 Et dans cette clarté respirer librement -
                                                                                 Ainsi respirait Laure et chantait son amant.
                                                                                 
                                                                                 Vous dont chaque pas touche à la grâce suprême,
                                                                                 C'est vous, la tête en fleurs, qu'on croirait sans souci,
                                                                                 C'est vous qui me disiez qu'il faut aimer ainsi.
                                                                                 
                                                                                 Et c'est moi, vieil enfant du doute et du blasphème,
                                                                                 Qui vous écoute, et pense, et vous réponds ceci:
                                                                                 Oui, l'on vit autrement, mais c'est ainsi qu'on aime.
                                                                                 
                                                                                 
                                                                                 
                                                                                 CLAIR DE LUNE
                                                                                 
                                                                                 
                                                                                 La lune était sereine et jouait sur les flots. -
                                                                                 La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
                                                                                 La sultane regarde, et la mer qui se brise,
                                                                                 Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots.
                                                                                 
                                                                                 De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare.
                                                                                 Elle écoute...Un bruit sourd frappe les sourds échos.
                                                                                 Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
                                                                                 Battant l'archipel grec de sa rame tartare?
                                                                                 
                                                                                 Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
                                                                                 Et coupent l'eau, qui roule en perles sur leur aile?
                                                                                 Est-ce un djinn qui là-haut siffle, d'une voix grêle,
                                                                                 Et jette dans la mer des créneaux de la tour?
                                                                                 
                                                                                 Qui troule ainsi les flots près du sérail des femmes? -
                                                                                 Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
                                                                                 Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
                                                                                 Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames.
                                                                                 
                                                                                 Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots.
                                                                                 On verrait, en sondant la mer qui les promène,
                                                                                 Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine... -
                                                                                 La lune était sereine et jouait sur les flots.
                                                                                 


                                                                                ADIEU
                                                                                 
                                                                                 
                                                                                 
                                                                                 Adieu! Je crois qu'en cette vie
                                                                                 Je ne te reverrai jamais.
                                                                                 Dieu passe, il t'appelle et m'oublie;
                                                                                 En te perdant, je sens que je t'aimais,
                                                                                 
                                                                                 Pas de pleurs, pas de plainte vaine.
                                                                                 Je sais respecter l'avenir.
                                                                                 Vienne la voile qui t'emmène,
                                                                                 En souriant je la verrai partir.
                                                                                 
                                                                                 Tu t'en vas pleine d'espérance,
                                                                                 Avec orgueil tu reviendras;
                                                                                 Mais ceux qui vont souffrir de ton absence,
                                                                                 Tu ne les reconnaîtras pas.
                                                                                 
                                                                                 Adieu! tu vas faire un beau rêve
                                                                                 Et t'enivrer d'un plaisir dangereux;
                                                                                 Sur ton chemin l'étoile qui se lève
                                                                                 Longtemps encore éblouira tes yeux.
                                                                                 
                                                                                 Un jour tu sentiras peut-être
                                                                                 Le prix d'un coeur qui nous comprend,
                                                                                 Le bien qu'on trouve à le connaître,
                                                                                 Et ce qu'on souffre en le perdant.
                                                                                 
                                                                                 
                                                                                 
                                                                                 RONDEAU
                                                                                 
                                                                                 
                                                                                 Dans dix ans d'ici seulement
                                                                                 Vous serez un peu moins cruelle.
                                                                                 C'est long, à parler franchement.
                                                                                 L'amour viendra probablement
                                                                                 DOnner à l'horloge un coup d'aile.
                                                                                 
                                                                                 Votre beauté nous ensorcelle,
                                                                                 Prenez-y garde cependant;
                                                                                 On apprend plus d'une nouvelle
                                                                                 En dix ans.
                                                                                 
                                                                                 Quand ce temps viendra, d'un amant
                                                                                 Je serai le parfait modèle,
                                                                                 Trop bête pour être inconstant,
                                                                                 Et trop laid pour être infidèle.
                                                                                 Mais vous serez encor trop belle
                                                                                 Dans dix ans.
                                                                                 
                                                                                 
                                                                                 SONNET
                                                                                 
                                                                                 Vous les regrettiez presque en me les envoyant,
                                                                                 Ces vers, beaux comme un rêve et purs comme l'aurore.
                                                                                 Ce malheureux garçon, disiez-vous en riant,
                                                                                 Va se croire obligé de me répondre encore.
                                                                                 
                                                                                 Bonjour, ami sonnet, si doux, si bienveillant.
                                                                                 Poésie, amitié que le vulgaire ignore,
                                                                                 Gentil bouquet de fleurs, de larmes tout brillant.
                                                                                 QUe dans un noble coeur un soupir fait éclore,
                                                                                 
                                                                                 Oui, nous avons ensemble,à peu près, commencé
                                                                                 A songer ce grand songe où le monde est bercé.
                                                                                 J'ai perdu des procès très chers, et j'en appelle.
                                                                                 
                                                                                 Mais en vous écoutant tout regret a cessé.
                                                                                 Meure mon triste coeur, quand ma pauvre cervelle
                                                                                 Ne saura plus sentir le charme du passé.
                                                                                 
                                                                                 
                                             PAR UN MAUVAIS TEMPS
                                                                                 
                                             Elle a mis, depuis que je l'aime
                                             (Bien longtemps, peut-être toujours),
                                             Bien des robes, jamais la même:
                                             Palmire a dû compter les jours.
                                                                                 
Mais,
                                             quand vous êtes revenue,
                                             Votre bras léger sur le mien,
                                             Il faisait, dans cette avenue,
Un
                                             froid de loup, un temps de chien.
                                                                                 
                                             Vous m'aimiez un peu, mon bel ange,
                                             Et, tandis que vous bavardiez,
                                             Dans cette pluie et cette fange
                                             Se mouillaient vos chers petits pieds.
                                                                                 
                                             Songeait-elle, ta jambe fine,
                                             Quand tu parlais de nos amours,
                                             Qu'elle allait porter sous l'hermine
                                             Le satin, l'or et le velours?
                                                                                 
                                             Si jamais mon coeur désavoue
                                             Ce qu'il sentit en ce moment,
                                             Puisse à mon front sauter la boue
                                             Où tu marchais si bravement!
                                             

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